Ibid., t. V, p
3. L. Morgan, Ancienl Socieliesy p. 70. — LalionUtn, Votf.t cU*., t. 11, iOi. p. 183. — Labontan, Voij. t. II, p. 101.
critiquables, car elles sont le fruit d'une généralisation trop hâtive, et aussi parce que leurs auteurs ont revendiqué, pour elles, une rigueur à laquelle se plient difficilement les lin'ls sociologiques. Toujours les groupes humains vivent comme ils peuvent, sans se soucier des théories; leur conduite sociale résulte fatalement d'une sorte de compromis, du conflit entre leurs appétits, leurs aptitudes, et les nécessités dictées par les milieux physiques.
Avant de hasarder des vues générales, j'aurai soin, selon mon habitude, de m'en référer à l'ethnographie companV, d'interroger les diverses races humaines hiérarchiquement, des plus humbles aux plus élevées. De cette enquête même naîtront quelques aperçus d'ensemble qui retraceront, avec une certaine approximation, l'évolution probable de la famille dans l'humanité. Mais pour aborder ce sujet avec une suffisante impartialité, il importe, au préalable, de faire table rase de toutes les théories banales qui ont cours sur la famille. En eflet, il n'est pas de thème qui ait inspiré iiux rhéteurs plus de vides élucubrations. Il a été décrété que la famille, telle qu'elle est instituée dans notre monde d'Europe ou dans les colonies qui en ont essaimé, était le beiui idéal, un type sociologique immuable et sacro-saint. Pourtant, l'ethnographie et môme l'histoire nous enseignent que le type familial de l'Europe actuelle n'a pas toujours existé, qu'il résulte, comme toute chose, d'une lente évolution ; d'où il est permis d'inférer que peut-être il se modifiera encore. Mais les faits seront plus éloquents que toutes les réflexions; je les aborderai donc en commençant par les races humaines les plus inférieures, par les Mélanésiens.