‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 30 sur 406 · III. — DU RUT ET DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

III. — DU RUT ET DE L'AMOUR

Dans un précédent ouvrage, en étudiant l'évolution de la morale, j'ai dit comment les penchants, les instincts héréditiiires naissent par une accoutumance que détermine dans les cellules nerveuses une suffisante répétition des mêmes actes. L'instinct génésique n'a et ne saurait avoir une autre origine. Durant les phases si longues de leur évolution, les espèces animales se sont reproduites d'abord inconsciemment et par des procédés très simples, que nous pouvons observer encore chez certains zoophytes; puis ces ébauches animales se sont perfectionnées, différenciées, ont acquis des organes spéciaux, se partageant le travail biologique; le jeu de la vie a retenti dès lors dans les centres nerveux; il y a éveillé des impressions et des désirs, dont rénergie correspond strictement à l'importance des fonctions; or, il n'est pas de fonction plus primordiale que la génération, puisque d'elle dépend la durée môme de l'espèce. Aussi, chez nombre d'animaux, le besoin de se reproduire, le rut, éclate comme une sorte de folie. Petites ou grandes, les facultés psychiques de l'animal sont alors surexcitées et elles dépassent leur niveau ordinaire; mais toutes tendent à un but suprême : le souci de la génération. A ce moment les espèces farouches et insociables ne supportent plus la solitude : mâles et femelles se recherchent; parfois même

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