Anthropogénie f p
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on les voit former des groupes, des petites sociétés provisoires, qui se dissoudront après l'appariage.
Chaque période de rut est pour les animaux comme une sorte de puberté. Le pelage, le plumage, les écailles se revêtent souvent aloVs de teintes riches et passagères. Parfois des productions épidcrmiqucs spéciales apparaissent chez le niale et lui servent soit d'armes temporaires pour ' combattre ses jivaux, soit d'ornements pour captiver sa femelh\ C'est avecî une véritable frénésie que s'accomplit, chez certaines espèces, l'union sexuelle. Ainsi le 1> Giiuther a trouvé, plusieurs fois, des crapauds femelles étouftës sous les embrassements des niAles*. Spallanzani a pu, sans réussir à les distraire de leur besogne, amputer les cuisses à des grenouilles et crapauds mâles, pendant l'accouplement.
Dans la classe animîile qui nous intéressai plus particulièrement, celle des mammifères, le rut provocjue des phénomènes analogues, quoique atténués. Or, ici nous savons très bien que la fureur erotique est étroitement liée à des phénomènes congeslifs ayant pour siège les glandes génératrices, qui se tuméfient, chez le maie et la femelle, et provoquent, chez celte dernière, une véritable ponte. Rappelons, en passant, qu'en sa qualité de mammifère riiomme est soumis à la commune loi, que la menstruation féminine est essentiellement identique aux phénomènes intimes du rut chez les femelles des mammifères et répond aussi î\ une congestion ovarienne, au gonflement et à la rupture d'un ou de plusieurs follicules de Graaf, enfin a une ponte ovulaire. Je n'ai pas à m'appesantir sur ces faits, mais j'ai dû les rappeler en passant, puisqu'ils sont la raison d'être de l'attrait sexuel, sans lequel il n'y aurait ni mariage ni famille.
i.hATViiïïy Descendance f p. 38 i.
Mais si l'on veut bien descendre au fond des choses, mour humain n'est essentiellement que le rut chez un être elligent; il exalte toutes les forces vives de l'homme, nme le rut surexcite celles de l'animal ; s'il semble en férer extrêmement, c'est uniquement parce que, chez omme, le besoin de la ji^énération, besoin primordial plus e tout autre, en s'irradiant dans des centres nerveux reloppés, éveille et met en émoi toute une vie psychique :onnue «^ l'animal.
Pour le naturaliste, rien de merveilleux dans cette explosion lésique, qui fait de l'altruisme avec de l'égoïsme; on sait p qu'il n'en a pas été de même pour nombre de philo- )hes et littérateurs célèbres, mais peu familiers avec les ences biolojjtiques. Un métaphysicien attardé, devenu a la ►de durant ces dernières années, Schopenhauer, adoptant rieux cli<hé qui fait de la Nature un personnage anthroponTphique, lui a prêté gratuitement tout un calcul profond diplomatique ; c'est de parti pris qu'elle griserait d'amour individus, les poussant ainsi, sans qu'ils s'en doutent, à se rifier dans l'intérêt majeur de la durée de l'espèce. Le ip d'œil précédemment jeté sur les procédés de la généion dans la série animale, depuis la paramécie jusqu'à omme, suffit à réfuter cette rêverie. Je n'en parlerai pas is longuement; mais ce qui est ici d'un grand intérêt, st de rechercher comment se comportent les espèces maies supérieures, quand le désir d'aimer les point, et noter les traits principaux de leur psychologie amouise: car, là encore, nous aurons à signaler plus d'une anaie avec ce qui se passe chez l'homme, et nous verrons ;si plus tard qu'il existe chez l'animal et l'homme quelque ilion entre la manière dont est ressenti l'attrait sexuel et plus ou moins d'aptitude à l'appariage durable et, par te, au mariage et à la famille.
là LÉVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE
Sans donner plus de temps qu'il n'est nécessaire à ces courtes excursions dans la psychologie animale, il convient pourtant de s'y arrêter un instant. En effet, elles éclairent les origines de la sociologie humaine ; elles nous obligent aussi à rompre définitivement avec les théories abstraites et banales, qui ont inspiré au sujet de la fomille et du mariage tant d'écrits vides, tant de banalités ressassées. C'est dans l'animalittî que plonge la racine de l'humanité ; c'est donc là qu'il faut aller chercher les origines premières de la sociologie humaine.