‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 308 sur 406 · Id., Ibid., t. U, p · texte numérisé non relu

Id., Ibid., t. U, p

les Indiens de rAmérique du Nord qu'elle s'est le mieux conservée et a été le mieux étudiée. Au siècle dernier, Charlevoix, Lafitau, La hontan *, remarquèrent déjà que les Peaux- Rouges portent toujours le nom de leur mère et que c'est par la sœur d'un homme que le nom de celui-ci se transmet aux descendants. Le clan américain est basé sur la iiliation utérine; il comprend tous les descendants, en ligne féminine, d'une mère ancêtre, réelle ou hypothétique. C'est donc exactement le contraire de la gens agnatique du monde grécoromain.

Le clîin peau-rouge se compose de toutes les l'amilles réputées parentes ; c'est une petite république ayant droit au service de toutes les femmes pour cultiver le sol, à celui de tous les hommes pour la chasse, la guerre, les vendeUe. C'est à la femme qu'appartiennent le wigwam ou la loge familiale ainsi que tous les objets possédés par la famille, et le tout se transmet par héritage, non aux fils, mais à la fille aînée ou à la plus proche parente maternelle ^ parfois au frère de la morte. Pourtant, cet héritage doit s'entendre dans le sens d'un simple usufruit. Kn réalité, c'était le clan maternel qui était propriétaire, et aucun des membres de la communauté ne pouvait aliéner sérieusement le fonds social. Seulement, dans la plupart des tribus, le mari n'avait aucun droit sur les biens et sur les enfants : tout cela restait dans le clan materneP; c'était la filiation maternelle, qui réglait le nom, le rang, les droits successoraux dans le clan *. Il y régnait d'ailleurs une sorte de communisme. Toutes les provisions provenant, soit de la culture du sol, soit de la chasse ou de la pèche, étaient déposées dans des magasins publics, placés sous le contrôle d'une matrone Agée, cl

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