DE LA FAMILLE EN MKLANÉSIE
i, en esquissant la description de la famille dans le animal, j'ai eu occasion de remarquer que la famille, jue nous la comprenons, n'est pas indispensable au ien des sociétés, puisque les fourmis s'en passent dans républiques, où il n'y a ni paternité, ni maternité, avec s que nous y attachons, mais seulement des classes de cteurs, des jeunes, et des éleveurs ou éleveuses. Chez rnières, chez les fourmis ouvrières, par une contradicaradoxale, l'amour maternel a survécu à l'atrophie de îtion génératrice; il s'est même épuré, élargi; il s'apinditîéremment à tous les rejetons, espoir de la répu- , et, en se dihiant ainsi, il semble n'avoir rien perdu de lergie.
(1 de semblable ne s'observe dans les sociétés humaines îures, mais cependant la famille y est encore cona paternité, au sens social du mot, n'existe point; la ►n est surtout maternelle, mais on dislingue mal, dans lil, les liens et les degrés réels de la consanguinité; la é n'est pas encore individuelle; c'est par groupes î se constitue.
ourd'hui encore, on peut étudier cette confusion famians certaines tribus australiennes. Nous avons vu que iage, ou ce qu'on a bien voulu nommer ainsi, résultait, ;manie, en Australie, à Bali, etc., d'un rapt violent et , généralement ratilié par une compensation et un icrc de talion survenant entre la tribu de la femme et u ravisseur.
z les tribus les moins sauvages de la Mélanésie, ce 4 souvent fictif; ce n'est plus qu'une survivance, mais
;m L'ÉVOLUTION DU MAIUACE ET DE LA FAMILLE.
parfois il est encore réel, et il Tétait sûrement toujours à Forigine des sociétés australiennes. Pourtant, si grossières que soient ces sociétés, elles n'en résultent pas moins d'une longue évolution. Dans l'intérieur de Bornéo, il existe encore des êtres humains auprès desquels les Australiens sont des gens civilisés. Ces sauvages de Bornéo, absolument primitifs, sont les débris probables des peuples négroïdes, qui, jadis, ont dû être les premiers occupants de la Malaisie. Par petites hordes, ils rôdent dans les forêts, comme des singes; l'homme, le mâle, enlève la femelle et s'accouple avec elle dans les fourrés. La famille passe la nuit sous un gros arbre; on suspend les enfants aux branches, dans une sorte de tilel, et Ton allume au pied de l'arbre protecteur un grand feu pour écarter les animaux féroces. Dès que les enfants sont à peu près capables de se suffire à eux-mêmes, les progéniteui-s sVn séparent*, comme le font les animaux.
C'est sans doute ainsi, à la manière des grands singes, que se sont formées les primitives sociétés humaines. Chei les chimpanzés, ces hordes ne peuvent beaucoup grossir, car le progéniteur mâle ne supporte pas de concurrents et chasse ses jeunes rivaux tant qu'il est le plus fort. Les premiers hommes furent sûrement plus sociables, en raison même de leur qualité d'hommes. Les jeunes mâles de la horde humaine purent rester en plus ou moins grand nombre dans l'association, mais la jalousie du progéniteur en chef, du père de famille, dut les obliger souvent à se procurer une ou plusieurs femelles, en les ravissant aux hordes voisines et concurrentes; ils devinrent ainsi plus ou moins exogames; cl, dans leurs sociétés embryonnaires, le mariage, l'uniou sexuelle plutôt, finit par être prohibée entre les frères et B sœurs, non pas parce que l'on avait le moindre souci moral