Owcn Dorsey, loc. cit., p
LE CLAiN FAMILIAL ET SON ÉVOLUTION. 863
adoptif. Enfin, en raison de la parenté créée par Tadoption, il y a, pendant quatre ans, interdiction de mariage entre les deux familles^
Parfois un clan tout entier en adopte un autre. Ainsi les Iroquois-Loups furent adoptés par les Iroquois-Faucons, et cette adoption eut pour eiïet une si complète assimilation que les nouveaux venus prirent les parentés du clan adoptif*.
L'adoption des guerriers ennemis, prisonniers après un combat, est plus curieuse encore. Cette adoption a des effets presque miraculeux; elle éteint les haines f^irouches que les Peaux-Rouges ressentent toujours pour les hommes appartenant à des tribus rivales; bien plus, elle fait du guerrier captif le mari de la femme, qu'il a peut-être rendue veuve, de la fille dont il a pu tuer le père. Il faut dire, que les Peaux-Rouges ont sur la valeur guerrière des idées à nos yeux très exagérées. A moins de très grave blessure, un combattant ne doit pas, selon eux, se rendre. Tout guerrier fait prisonnier est déshonoré et tenu pour mort par sa tribu, et d*habitude, en effet, ses capteurs le font périr dans les tourments. Pourtant, au siècle dernier, les plus féroces des Peaux- Rouges, les Iroquois, épargnaient parfois quelques prisonniers, pour les offrir aux femmes ou filles dont les parents avaient été tués. Ces dernières avaient la faculté, ou de les envoyer au supplice, afin que leurs ombres servissent d'esclaves à leur père, frère, mari, etc., ayant succombé, ou de leur pardonner, de les prendre pour esclaves, et même de les adopter. Dans cedernier cas, les ennemis de la veille prenaient place parmi les guerriers du clan^ et on ne les distinguait plus des autres.
Ce système de parenté dans le clan familial est curieux,