Morgan, Ancient Societies, p
3. Voyagea du baron de Lahontany etc., t. II, p. 203, 20i (1711).
surtout en ce qu'il fait bon marché de la consanguinité réelle, confond sans hésiter la parenté réelle avec la parenté virtuelle et forme ainsi des classes de parents fictifs. 11 semble bien attester l'existence d'une ancienne période de proraiscuité, durant laquelle on ne songeait guère à déterminer avec précision les degrés de consanguinité des individus. Comme il est naturel, la première forme de famille qui se dessina plus ou moins vaguement dans les groupes confus, antérieurs aux clans familiaux, fut la famille maternelle, mais ce système de parenté par classes n'est nullement incompatible avec la filiation paternelle.
Aujourd'hui encore la parenté par les femmes prévaut chez la plupart des tribus peaux-rouges. Certaines d'entre elles pourtant évoluent vers la filiation masculine et ce mouvement s'accusait déjà à la fin du siècle dernier'. C'est par les puissants, les chefs, les riches que la transformation a commencé. Chez les Tlinkites de l'Amérique russe, les grands donnent déjà à leurs enfants le nom paternel ; mais les gens de peu en sont encore à la filiation utérine «. Certaines tribus ont adopté entièrement, mais tout récemment, le système de filiation paternelle. C'est sous l'influence des Européens que s'opère ce dernier changement, aussi s'accomplit-il assez rapidement. 11 n'a fallu que deux générations aux Ojibwas pour se plier à la filiation agnatique^. Une évolution analogue s'éUiit spontanément accomplie dans les grands états de l'Amérique centrale. Au Pérou, la filiation maternelle était encore d'usage général, mais la famille paternelle commençant à poindre. Dans la masse de la nation, dit Gomara, l'héritage se transmettait aux neveux el non aux fils, mais, dans la famille des Inc^s, c'étaient l«»s