Ibid., p
5. Annali del Museo civico di sioria naturale di Genova, t. IX, fasc. 3-1,
lctouanÏeau. — L*Évolutioa du Mari^ige. t
oiseau de paradis, construit pour protéger ses amours une petite hutte conique, devant Tentrée de laquelle il ménajre une pelouse, tapissée de mousse et dont il relève la verdure en la parsemant d'objets divers, ornés de vives couleurs : ce sont des baies, des graines, des fleurs, des cailloux, des coquillages. En outre, quand les fleurs sont fanées, il a bien soin de les remplacer par d'autres plus fraîches, alin que les yeux soient toujours agréablement flattés. Ces curieuses constructions sont solides ; elles durent plusieurs années et servent probablement à plusieurs oiseaux. Mais ce que nous savons des unions sexuelles, au sein des races humaines inférieures, suflit à montrer combien ces oiseaux artistes l'emportent sur bien des hommes en délicatesse amoureuse.
Personne n'ignore que la voix si mélodieuse de beaucoup d'oiseaux mâles est aussi, pour eux, un puissant moyen de séduction. A chaque printemps, nos rossignols ligurent dans de vrais tournois lyriques. Les pics, mal doués au point de vue musical, tâchent de suppléer à leur imperfection organique en choisissant une branche sèche et sonore, sur laquelle ils frappent non seulement pour appeler la femelle, mais aussi pour la charmer : ils font de la musique instrumentale. l]n autre oiseau, le mAle des tisserins, se construit tout près de sa femelle une demeure de plaisance, où il va chanter pour plaire à sa compagne*.
Audubon a fait sur les oies du Canada une observation de tout point applicable à l'espèce humaine. Plus, dil-il, les oiseaux sont vieux, plus ils abrègent les prélimiuaiivs de leurs amours. Leur sens poétique et esthéti(iue s'est alors émoussé; ils vont droit au but.
Chez les esi)èces animales, où la force surtout donne la suprématie en amour, le màh*, presque toujours plus ardent,