Espinas, hc. cit., p. StH
a dû, par sélection, devenir plus grand, plus fort, mieux nrmé que la femelle. Tel est en eifet le cas pour la plupart des vertébrés, cependant il existe un certain nombre d'exceptions et, naturellement, on les rencontre surtout chez les oiseaux, plus enclins que les autres types à mettre une certaine délicatesse dans leurs unions sexuelles. Chez beaucoup d'espèces d'oiseaux, en efl'et, la femelle est plus grande et plus forte que le mâle. On sait qu'il en est de même chez certains articulés et ces faits autorisent à admettre qu'il n'y a pas de corrélation nécessaire entre la faiblesse relative et le sexe femelle. Fautil en conclure, avec Darwin, que les femelles de certains oiseaux doivent leur excédent de volume et de taille à ce qu'elles ont jadis lutté aussi pour s'emparer des mâles? Il est permis d'en douter. Presque universellement, qu'elle soit grande ou petite, la femelle est moins ardente que le mâle et, dans la tragicomédie amoureuse, elle joue d'ordinaire, du commencement à la fin, un rôle passif : dans le règne animal, comme dans le genre humain, les amazones sont assez rares.
Chez les oiseaux et en général chez les vertébrés, le mâle est beaucoup plus impétueux que la femelle ; aussi c'est sans peine qu'il se décide ou qu'on le décide à accepter mouienlanément une compagne quelconque*. Parfois même celte ardeur irréfrénable pousse les mâles à commettre de véritables attentiits à la sûreté de famille. Ainsi il arrive au mâle des serins ranaris (Fringilla canaria) de persécuter sa femelle pendant qu'elle couve, de dilacérer son nid, d'en jeter par terre les œufs, enlin d'exciter sa compagne à redevenir amante en oubliant qu'elle est mère. De même notre coq domestique poursuit souvent la poule couveuse, alors qu'elle quitte ses œufs pour manger-.