V. — LA FAMILLE CHEZ LES ABORIGÈNES DU BENGALE
Si maintenant, poursuivant nos investigations, nous étudions le régime familial et matrimonial des aborigènes du Bengale, nous y trouverons, chez des populations ayant vraisemblablement une origine commune, des systèmes de famille et de mariage fort dissemblables.
Çc\ et là existent la famille maternelle ou des coutumes attestant que ce mode familial a jadis été en vigueur.
D'après Buchanan, chez les Buntar, voisins des Naîrs, un père est libre de faire, de son vivant, des cadeaux à ses enfants, mais à sa mort, tout ce qu'il possède revient à ses sœurs et à leurs enfants. De même les Kocch n'ont de parenté et de succession que par les femmes. Ce sont les mères, qui arrangent les mariages; les pères ne s'en mêlent point, et le mari va vivre avec sa femme et sa belle-mère, auxquelles il obéit. Quant aux veuves, elles se choisissent elles-mêmes des maris jeunes, quand elles sont riches. — Chez les Yerkalas de l'Inde méridionale, l'oncle maternel a le droit de réclamer, pour ses fils, les deux filles aînées de sa sœur*.— Chez les Khasias, c'est au fils de la sœur que se transmet le pouvoir du rajah; mais cette princesse (Kunwari) n'a pas le droit de se marier elle-même; elle est soumise à la raison