Shorll, Trans, Ethnol. Soc, t. Vil (nouvi^He série
d'État, et c'est le peuple assemblé qui lui choisit un époux*. — Les Garos ont établi que, dans les mariages, le droit d'initiative appartiendrait à la femme; c'est la jeune fille, qui distingue l'homme de son choix, le lui dit et Tinvitc à la suivre. Toute avance faite par un homme est considérée comme une insulte à tout le clan (mahari) de la fille, et pour l'expier, il faut des libations de bière et des sacrifices de porcs, le tout aux frais du mahari de l'homme. Le mariage dos Garos comporte bien la cérémonie de la capture, mais renversée; c'est le fiancé, qui fait mine de refuser la fiancée, se sauve et est conduit de force à sa future femme au milieu des lamentations de ses parents*. Ajoutons qu'à la mort d'un homme, chez les Garos, la veuve reste bien maîtresse de la maison, mais les autres biens passent A un héritier collatéral qui épouse la veuve et parfois sa fille.
Si nous nous bornions à consulter et à interpréter ces faits, nous en conclurions naturellement que le régime familial des aborigènes du Bengale est maternel ; mais les faits contradictoires ne manquent pas. Chez les Bhuizas, quoique les demandes en mariage soient faites par les filles, comme chez les Garos, les fils reçoivent les noms de leurs ascendants mâles; le fils aîné prend le nom du grand-père; le puîné, celui du bisaïeul, puis les noms des collatéraux sont donnés aux autres fils^ Chez les Muasis, c'est le père qui négocie le mariage de sa fille, qui la vend plutôt contre un certain nombre de mesures de riz solennellement livrées et mesurées*.
Chez les Màlers du RajmahaL, c'est encore le père qui met la main de sa fille dans celle du futur et exhorte ce