‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 365 sur 406 · VI. — DE LA COUVADE · texte numérisé non relu

VI. — DE LA COUVADE

Il est une coutume, à première vue extravagante, mais pourtant assez commune et qui a dû naître aux époques de transition, où le mariage polygamique ou monogamique ayant fini par s'éUiblir, les maris se sont efîorcés d'affiriner leurs droits paternels et de substituer la filiation masculine à l'antique filiation utérine. De m.ême que, dans certaines contrées, par exemple, en Abyssinie*, pour proclamer une adoption, le père adoptif simule quelque pratique maternelle, va parfois jusqu'à offrir solennellement son sein d'homme à son fils adoptif, ainsi, dans des pays fort divers, le mari, pour bien attester sa paternité, n'a trouvé rien de mieux que de simuler un accouchement : d'où la très singulière coutume de lacouvade.

A première vue, il semble fort insensé que le mari prenne le lit aussitôt l'accouchement de sa femme, puis que, pendant un certain nombre de jours, il se fasse dorloter et soigner par l'accouchée elle-même.

Aussi l'existence de la couvade a été bien des fois révo- (juée en doute. Il ne sera donc pas hors de propos de citer les faits authentiques, qui ne permettent plus d'en contester l'existence. Ces faits sont assez nombreux, et on les a observés en divers points du globe : en Amérique, en Asie, en Europe.

Au Nouveau-Mexique, chez les Lagunero et les Ahomana, alors qu'une femme accouche, le père s'alite pendant six ou sept jours, et s'abstient scrupuleusement de manger soit du poisson, soit de la viande*. Dès qu'un Caraïbe devenait père, il

Page 1