‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 366 sur 406 · Bancrofl, Native Races, etc., t. !•% p · texte numérisé non relu

Bancrofl, Native Races, etc., t. !•% p

se couchait aussi et simulait un accouchement par des plaintes et des contorsions convenables ; les commères du hameau s'empressaient autour de lui et le félicitaient sur son heureuse délivrance*. Les Peaux-Rouges chactas ont eu jadis une coutume analogue. L'Anglais Brett a observé lui-même la couvade chez les Indiens de la Guyane : t Le père, dit-il, se met tout nu dans son hamac, en prenant la posture la plus indécente, et il y reste quelques jours comme s'il était malade, recevant les congratulations de ses amis, soigné parles femmes du voisinage, tandis que la mère du nouveau-né prépare la cuisine sans qu'on s'occupe d'elle*. »

Le témoignage du jésuite Dobritzhoffer, à propos des Abipones, n'est pas moins explicite : t Chez les Abipones de l'Amérique du Sud, dit-il, aussitôt que la femme a mis au monde un enfant, on voit le mari se mettre au lit; on l'entoure de soins; il jeûne pendant un certain temps. Vous jureriez que c'est lui qui vient d'accoucher. J'avais lu cela autrefois et j'en avais ri, ne pouvant ajouter foi à pareille folie, et supposant que cette coutume barbare était contée plutôt en plaisanterie que sérieusement, mais, à la lin, je l'ai vu de mes propres yeux chez eux'. » Des témoignages plus récents confirment ceux que je viens de citer. En 1842, M. Mazé, commissaire général à la Guyane française, a constaté lui-même la coutume de la couvade chez des tribus indiennes, riveraines de l 'Oyapok. En 1852, M. Voisin, juge de paix d'une commune de la Guyane française, remontant en canot le fleuve la Mana, reçut, un soir, l'hospitalité dans un carbet d'Indiens galibis. A son réveil, il apprit que, pendant la nuit et derrière la cloison de feuillage, qui s/^parait son hamac de celui du mé-

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