‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 367 sur 406 · Historia de Abiponibus (1784), t. Il, p · texte numérisé non relu

Historia de Abiponibus (1784), t. Il, p

39G LtVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.

nage de ses hôtes, un enfant était né. La mère n'avait pas poussé de cris et, au point du jour, M. Voisin la vil aller au bord du ileuve, y faire sa toilette, puis prendre son nouveauné, le lancer à plusieurs reprises au fond de Teau, pour le rattraper au moment où il revenait à la surface, puis l'essuyer avec ses mains. Au contraire, pendant ce temps, le mari rey tait dans son hamac, faisait le malade et recevait avec le plus grand sérieux les soins que lui prodiguait sa femme*.

Li comédie de la couvade n'est pas toujours aussi complète. Dans certaines tribus, elle s'atténue, devient plus symbolique.

Ainsi, en Californie, quand la mère accouche, le père se contente de garder la maison, en s' abstenant de manger du poisson et de la viande».

Chez diverses tribus de l'Amérique du Sud, le mari de l'accouchée se borne même à prendre quelques précautions hygiéniques; c'est la couvade réduite à sa plus simple expression \

La coutume de la couvade a été retrouvée en Asie, chez les Tartares, par Marco Polo. Elle existe encore au Bengale, chez les Larkas, mais atténuée : lors d'une naissance, les parents quittent la maison, la femme et le mari sont déclarés Impurs pour huit jours, et pendant ce temps c'est l'homme qui fait la cuisine. Après quoi, on proclame la filiation masculine de l'enfant, en lui donnant solennellement le nom de son grand-père*. — On se tromperait en considérant la couvade comme spéciale aux races très inférieures. Les écrivains gréco-romains en ont cité un certain nombre d'exemples observés chez les barbares du monde ancien.

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