Daltoii, Elhnology of Bengal, p
Strabon rapporte que les femmes des Ibères, à l'exemple, dit-il, de celles des Celtes, des Thraces, des Scythes, quittent leurs lits, dès qu'elles ont accouché, et les cèdent à leurs maris, qu'elles y soignent*. En Corse, dil Diodore, dès qu'une femme a enfant»\ le mari se met au lit, comme s'il était malade, et il y reste durant un nombre déterminé de jours, comme une accouchée*.
Dans son Argonautide, Apollonius de Rhodes parle d'un peuple de la Tibarénède, sur le littoral nord -occidental de l'Asie-Mineure, qui avait, dit-il, la coutume de lacouvade : c Dès que les femmes mariées sont accouchées, leurs maris gémissent, se couchent dans des lits, s'enveloppent la tête. Pendant ce temps les femmes leur donnent une alimentation fortifiante et leur préparent des bains convenables pour les accouchées'. » — Il est probable que plus d'une trace de la couvade existe encore en Europe, dans les superstitions et pratiques populaires. Tout récemment, un Russe m'a affirmé qu'elle est encore en usage dans les provinces baltiques, mais naturellement à l'état de survivance dont le sens est perdu. Elle y serait pourtant complète; le mari se mettrait au lit, pousserait des gémissements et l'on s'empresserait autour de lui. Enfin M. Léon Donnât me racontait récemment, qu'il avait trouvé la couvade encore en usage dans la petite île de Marken, dans le Zuydersée.
Si bizarre qu'elle soit, une coutume aussi répandue, dans des contrées, des races, à des époques extrêmement diverses, a nécessairement une raison d'être sérieuse. On ne saurait l'attribuer à de simples caprices.
Or, la seule explication plausible est celle qui donne a la couvade la valeur de nos actes de naissance.