Houzeaii, Facultés mentales des animaux, t. I", p. 20i
Chez les cousins germains de riiommc, les mammifères, la psychologie sexuelle ressemble, d'une manière générale, à celle des oiseaux, mais est le plus souvent moins délicate. D'ailleurs, comme il est naturel, les mœurs amoureuses sont d'autant moins relevées que les centres nerveux de l'espèce sont moins perfectionnés. Ainsi les stupides tatous se rencontrent par hasard, se flairent, s'accouplent et se sé|)arent avec la plus grande indifférence. Notre chien domestique lui-même, tellement civilisé cependant et si affectueux, esl d'ordinaire aussi grossier dans ses amours que le tatou.
Chez les oiseaux, nous l'avons vu, la loi de combat joue un grand rôle dans la sélection sexuelle; mais elle est souvent contrebalancée par d'autres influences moins brutales: or, il en est assez rarement ainsi chez les mammifères, où c'est surtout le droit du plus fort qui règle les unions. ïa\ loi de combat existe aussi bien pour les mammifères aquatiques que pour les mammifères terrestres. Les luttes des cerfs mâles, au moment du rut, sont célèbres. On sait que parfois les combattants succombent, ne pouvant dégager leurs ramures intriquées; mais les phoques, les cachalots mâles se battent avec le même acharnement. Ainsi font encore les mâles de la baleine franche*.
Chez les mammifères comme chez les oiseaux, comme chez riiomme, le désir amoureux surexcite, exalte toutes les puissances de l'être, juche en quelque sorte l'individu épris au-dessus de son train de vie habituel. Les animaux en rut deviennent plus hardis, plus farouches, plus dangereux. L'éléphant, assez pacifique de sa nature, est d'humeur terrible à l'époque du rut. Dans les poèmes sanscrits, la comparaison avec l'éléphant en rut revient sans cesse pour exprimer le summum de la force, de la noblesse, de la grandeur et même de la beauté.