‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 370 sur 406 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

famille en Chine, — La filiation au Japon. — Traces d'une antique pondric fraternelle en Chine. — Parenté fictive en Chine. — Le patriarcat Chine. — Le clan chinois. — L'idée do la famille dans l'organisation po- {ue.

famille chei les Sémites. — Le clan primitif chez les Arabes. — Le clan nitif chez lesHébreu.x. — Lois de l'héritage chez les Hébreux. — La sœur rine et la sœur germaine. — La famille maternelle en Phénicie. a famille che* les Berbères. — Sens du mot « Berbère ». — La filiation tornellc chez les anciens Berbères, chez les Touareg. — Traces de Panle organisation du clan chez les Kabyles. — Le patriarcat actuel chez les )yles. — Les catégories d'héritiers.

a famille en Perse. — Aucuuc trace du clan familial et de l'exogamie. — ndogamie incestueuse. — La mariage à loyer dans la Perse moderne. — droit d'ainesse.

famille dans l'Inde. — La famille dans l'Inde védique. — Le patriarcat is le Code de Manou. — Le droit d'ainesse. — La paternité par suggestion. Traces du clan familial et de la famille maternelle dans l'Inde tamile et eylan.

a famille gréco-romaine, — La gens primitive. — Filiation maternelle en te, dans l'Athènes primitive. — Fraternité utérine et fraternité germaine. La filiation paternelle dans l'Orestic. — La patria poiestas à Rome. .a famille dans l'Europe barbare. — Le clan celtique. — L'endogaïuie îstueusc dos Irlandais. — Le mir slave. — Traces de filiation maternelle Germanie et chez les Pietés.

BTOURNEAr. — L'Évolution du Mariage. 26

Pour étudier la famille sous les formes dernières qu'elle a revêtues, il nous faut écarter toute rigoureuse distinction de race. Sans doute et en général les races blanches ont fini par devancer les autres, par atteindre à un plus haut degré de développement moral, social et intellectuel. Pourtant des groupes ethniques, appartenant aux races qualifiées en bloc d'inférieures, sont sortis de la sauvagerie, ont formé de grandes sociétés, qui ont été de véritables écoles de dressage pour les hommes de leur race.

Or, dans tous ces États ayant réussi à ébaucher une civilisation relative, on a fini par adopter le type de la famille paternelle. Il en fut ainsi pour le Pérou, pour le Mexique, même pour l'Egypte ancienne où le roi Philométor donna le coup de grâce à la famille maternelle, qui avait si longtemps fleuri dans la vallée du Nil. A plus forte raison, dans une contrée très civilisée à sa manière, en Chine, une évolution analogue a dû s'effectuer. A vrai dire, dans l'empire du Milieu, on ne trouve plus guère de traces de la famille maternelle; mais elles sont visibles encore au Japon, qui a emprunté à la Chine toute sa civilisation.

Au Japon, comme autrefois chez les Basques, la filiation est subordonnée à l'indivision et à l'inaliénation du patrimoine.C'est au premier-né, garçon ou fille, que se transmet l'héritage et il lui est interdit de l'abandonner. Lors du mariage, le conjoint ou la conjointe doit prendre le nom de rhérilier ou de l'héritière, qui épouse et personnifie le domaiiic. La filiation est donc tantôt maternelle, tantôt paternelle; mais l'oncle maternel porte encore le nom de

\t second petit père » ; la tante paternelle s'appelle c petite mère d, l'oncle paternel est un c petit père », la tante paternelle une « petite mère », etc*. — Le mariage entre des groupes de frères et d'autres groupes de sœurs a été assez commun dans les sociétés primitives pour que l'on soit porté à voir dans cette nomenclature familiale les traces d'une de ces anciennes unions à la fois monogamiques et polygamiques.

En Chine, le langage semble attester seulement l'antique existence d'un mariage contracté par un groupe de frères ayant leurs femmes en commun, mais n'épousant pas leurs sœurs. Un Chinois appelle toujours ses < fils» les fils de son frère, tandis qu'il considère ceux de sa sœur, comme ses neveux*; mais les pères, frères et fils virtuels ou plutôt fictifs sont distingués des pères, frères et fils véritables par l'épithète « classe » ajoutée à leur appellation. Ainsi l'on dit : t classe-père, classe-fils, classe-frère », c'est-à-dire l'homme qui appartient à la classe du père, à celle du fils, à celle du frère. C'est donc un simple perfectionnement de la nomenclature américaine ^ Nous avons \u précédemment que, dans la Chine actuelle, non seulement la famille paternelle, mais le patriarcat, sont rigoureusement établis; que la femme est soumise à une extrême sujétion et toujours exhérédée*; mais certains empêchements au mariage ne peuvent guère se rapporter qu'à une ancienne organisation familiale aujourd'hui disparue. Dans tout le vaste empire chinois, il n'y a guère que cent à deux cents noms de famille et les Chinois s'appellent eux-mêmes « le peuple des cent familles ». Or, en

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