Morgan, loc. cit.^ p. itî
A, G. Eug. Simon, La Famille chinoisef in Nouvelle ftevue, 1S83.
Chine tout mariage entre des personnes portant le même nom est prohibé*. Dans certains villages, tout le monde a le même nom de famille; deux ou trois mille personnes, par exemple, s'appellent € mouton», c bœuf », € cheval », etc., toutes appellations convenant tout à fait à des clans ayant des totems correspondants '. — Mais, quoi qu'il en ait pu être dans le passé, aujourd'hui la filiation masculine est entièrement établie en Chine et l'on y distingue, en Hgne directe, neuf degrés de parenté, qu'un vieil auteur chinois a énumérés en ces termes : € Tous les hommes, qui viennent au monde, ont neuf degrés de parenté, savoir, ma génération en premier lieu, puis celles de mon père, de mon grand-pere et du grand-père de mon grand-père. En ligne descendante, viennent la génération de mon fils, celles de mon petit-fils, puis celles de son fils et de son petit-fils. Tous les membres d'une même génération sont frères entre eux\ » Remarquons que cette filiation, assez courte, est encore associée à la parenté par classes.
A coup sûr ces renseignements seraient, à eux seuls, insuffisants, mais rapprochés de ceux que nous a fournis l'étude de la famille chez les Australiens, les Peaux-Rouges, les Tamils, etc., ils nous permettent d'inférer que la famille paternelle chinoise est le dernier terme d'une évolution, ayant eu pour point de départ le clan familial et ayant passé par la famille maternelle.
Ajoutons, pour terminer, que le système des parentés fictives scrertète dans toute l'organisation gouvernementale de la Chine. Kn effet la structure politique de la Chine n'est qu'un calque agrandi de la famille. L'empereur est réputé le père et même la mère de tout l'empire. Le mandarin qui
1. Davis, The Chinese, t. !•», p. 282. — Pautliier, Chine moderne, p. 238.