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III. — LA FAMILLE CHEZ LES BERBÈRES

Dans ces dernières années, le sens du mot € Berbère i s'est considérablement élargi. On est aujourd'hui enclin à considérer, comme des variétés d'une même et très vieille race, les hommes de Cro-Magnon, les antiques habitants de la caverne de Menton, les anciens Vascons, Cantabres et Ibère<, les Guanches, les Kabyles, les Berbères, les Touareg, etc. Tous ces peuples appartiendraient à un seul grand type humain, que l'on peut appeler berbère, et dont de nombreux représentants subsistent encore. Antérieurement à toute migration asiatique, dès l'âj^e de la pierre, cette race semble avoir occupe le midi de la Gaule et l'Espagne, les îles Canaries el l'Afrique septentrionale. Aujourd'hui les groupes épigoniques les plus importants de la race berbère sont les Kabyles et les Touareg du Sahara. Quelques écrivains de l'antiquité nous ont dit comment était jadis instituée la famille des Berbères anciens, nous savons de visu ce qu'elle est chez les Berbères contemporains : on en peut donc esquisser à grands traits l'évolution.

Les caractères généraux de la famille berbère semblent avoir été une situation privilégiée faite à la femme et la filiation maternelle, même avec des tendances au matriarcat. En parlant des Cantabres, Strabon écrit : < Chez les Cantabres, Tiisage veut que ce soit l'époux qui apporte une dot à sa femme, et les filles qui héritent, à la charge de marier leurs frères, ce qui constitue une espèce de gynécocratie^. » Le mot gynécocratie est sûrement trop fort. Il s'agit là vraisemblablement de la coutume, qui existe

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