‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 376 sur 406 · strabon, III · texte numérisé non relu

strabon, III

encore au Japon et persistait tout récemment dans les pays basques, de laisser au premier-né, fille ou garçon, l'administration du patrimoine inaliénable de la famille et d'obliger son conjoint à venir habiter chez lui et à porter son nom. C'est ce que M. le Play a appelé autrefois la famille-souche ; mais cette famille-souche a pu, a dû sans doute primitivement coexister avec la filiation maternelle. ' Cette dernière est toujours en vigueur chez les Touareg du Sahara et j'ai précédemment parlé de la grande indépendance dont jouissaient, chez eux, les femmes, surtout les femmes riches et nobles, les dames. Sans y revenir, je rappellerai encore que l'influence des femmes touareg est basée surtout sur la richesse. A Rhât, par exemple, par les héritages, par le cumul des produits, il est arrivé que la presque totalité de la propriété foncière est tombée entre les mains des femmes *. Nous savons que, dans l'antique Egypte, où les Berbères étaient largement représentés, les femmes jouissaient aussi d'une situation très analogue. Par suite de ce régime, les droits et les prétentions des dames berbères sont devenus si incommodes pour les hommes, que beaucoup de ceux-ci préfèrent épouser des esclaves*. La famille, chez les Touareg, évoluera sûrement, comme elle le fit autrefois en Egypte, comme elle l'a fait chez les Kabyles où le patriarcat le plus rigoureux a fini par remplacer l'ancienne famille maternelle. — Pourtant en Kabylie, des traces de l'ancienne organisation, antérieure à Rome et à l'islamisme^ subsistent encore. En effet le village kabyle a, dans la tribu, une personnalité politique qui rappelle beaucoup le clan. Enfin diverses coutumes sont évidemment des survivances d'une antique organisation communautaire. Ainsi, pour les Kabyles,

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