Id., Ibid
4Ii> L'ÉVOLLTION DU MAKUGE ET DE LA FAMILLE.
l'assistance mutuelle entre concitoyens est un rigoureui | devoir. Même à l'étranger, il faut aider le concitoyen, fût-c« au détriment de ses intérêts et au péril de sa vie. Manquet-on à cette obligation ? on encourt le mépris public ; on esl même frappé d'une amende et rendu responsable des perles subies par le compatriote délaissé. Même le Kabyle d'une autre tribu doit, le cas échéant, être secouru, sinon sa tribu peut porter plainte devant la djemâa de la tribu, i laquelle appartient l'égoïste, et celui-ci est puni ou réprimandé.
Dans un village kabyle, quand un individu élève une construction, il a droit à l'assistance de tous. De même la plupart des travaux des champs se font par assistance mutuelle*. Mais tout cela est masculin; pour la femme, il ne reste plus trace ni de la famille maternelle, ni des avantages plus ou moins sérieux qu'elle accorde ordinairement aux femmes et aux mères. Une coutume cependant, une seule, rappelle encore les anciennes mœurs; c*est le c droit d'insurrection », dont j'ai parlé en temps et lieu.
On sait du reste à quelle date le dernier sceau a été mis à l'asservissement de la femme kabyle. C'est seulement il y a cent vingt ans, que les hommes refusèrent de laisser à l'avenir une place légale aux femmes dans la succession des mâles*. Actuellement la femme kabyle, mariée ou non, n'hérite plus^.
Les Kanouns kabyles admettent six catégories d'héritiers : 1' les héritiers açeh ou universelsj, c'est-à-dire toute la descendance mâle, directe par les mâles, et tous les collatéraux descendant par les mâles de la branche paternelle; 2' les ascendants par les mâles, du côté paternel, le