Srabuii, IV
des coutumes ayant force de loi sauvegardaient alors les droits de la femme*. — Au contraire, d'autres Européens barbares, les Circassiens, étaient exogames et interdisaient sous des peines sévères, bastonnade et même noyade, le mariage entre membres du même clan*. Le mir des Slaves méridionaux peut être considéré comme une survivance de ces anciens clans barbares, tantôt endogames, tantôt exogames.
En se subdivisant en familles, ces petits clans primitifs ont-ils adopté la filiation maternelle? Cela est possible, mais, quand ils se mirent en contact avec le monde latin, la plupart avaient déjà la famille paternelle. Notons cependant que la loi irlandaise, loin d'asservir la mère, lui accordait une situation égale à celle du père^ Rappelons-nous aussi le passage suivant de Tacite \ à propos des Germains : « Le fils d'une sœur est aussi cher à son oncle qu'à son père; quelques-uns pensent même que le premier de ces liens es le plus saint et le plus étroit; et, en recevant des otages, ils préfèrent des neveux, comme inspirant un attachement plus fort et intéressant la famille par plus d'endroits. » Ajoutons qu'en Germanie, la mère pouvait être tutrice de ses enfants*; que la loi salique, non emendala^ appelait à la succession, à défaut d'enfants, le père et la mère, les frères et les sœurs, puis la sœur de la mère de préférence à celle du père. Rappelons encore, que, dans les communautés slaves, les femmes ont droit de vote et peuvent être élues au gouvernement de la communauté^ ; mais de là au matriarcat et même à la filia-