Socioloyiey l. Il, p
lu L ÉVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.
ton OU commune, sa tutelle sera à la fois despotique et libérale ; elle réprimera tout ce qui serait de nature à nuireà la communauté, mais, pour tout le reste, elle s'attachera à laisser aux individus la plus entière indépendance. Notre milieu familial actuel est le plus souvent si imparfait; si peu de familles peuvent ou savent donner à l'enfanl une saine éducation physique, morale et intellectuelle que, dans co domaine, de larges empiétements de TÉtat, petit on grand, sont probables et même désirables. Il est, en eflel, un grand intérêt social, devant lequel doivent s'effacer les prétendus droits des familles. Pour prospérer et vivre, il faut que l'unité ethnique ou sociale produise incessamment un nombre suffisant d'individus bien doués de corps, de cœur et d'esprit. Devant ce besoin primordial, tous les préjugés doivent céder, tous les intérêts égoïstes fléchir.
Mais la famille et le mariage sont connexes; la première ne saurait se modifier, tandis que le second resterait immuable. Si les liens légaux de la famille se détendent, pendant que se resserreront les liens sociaux, le mariage aura même fortune. Depuis bien longtemps, et plus ou moins sourdement, a commencé un. lent travail de désagrégation, que nous voyons s'accentuer chaque jour. Laissons de côté les mœurs, dont l'appréciation est difficile, et prenons simplement les résultats numériques, que nous fournit la statistique touchant les divorces et les naissances illégitimes.
Dans les cinq pays ci-dessous comparés, l'accroissement des divorces a été continu et progressif, pendant trente ans, <*t, en France, le nombre en a doublé.
Simultanément le chiffre des naissances, dites naturelles, suivait une progression analogue. En France et durant la période de 1800-1805, il était de 4,75 p. 100; or, écrivait M.Block en 1869, il s'est progressivement élevéà7,25p 100*.