‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 403 sur 406 · J. Itcrtillon, Étude démographique du divorce^ p · texte numérisé non relu

J. Itcrtillon, Étude démographique du divorce^ p

iUi L'ÉVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE.

Le mariage monogamique subsistera ; il est le dernier venu et de beaucoup le plus digne, sans compter que la loi de balancement des sexes en fait presque une nécessité, mais il y entrera de plus en plus d'égalité, de moins en moins de contrainte légale. Sur ce point, je suis heureux demelromor d'accord avec le plus célèbre des sociologistes modernes, avec Herbert Spencer, assez peu osé pourtant en ces délicates matières : <^Dans les phases primitives, dit-il, pendant lesquelles la monogamie permanente se développait, Tunion de par la loi, c'est-à-dire originairement Tacle d'achat, était censée la partie essentielle du mariage et l'union de par Taffettion n'était pas essentielle. A présent, l'union de par la loi est censée la plus importante et l'union par TafTection la moins importante. Un temps viendra où l'union par afTection sera censée la plus importante et Tunion de par la loi la moins importante, ce qui vouera à la réprobation les unions conjugales où Tunion par alfeclion sera dissoute*. » — Montaigne avait déjà écrit jadis : « Nous avons pensé attacher plus ferme le nœud de nos mariages pour avoir osté tout moyen de les dissouldre; mais d'autant s'est desprins et relasché le nœud de la volonté et de raflection que celui de la contrainte s'est estrécv^ »

Il est donc vraisemblable qu'un avenir plus ou moins lointain inaugurera le régime des unions monogamiques, librement contractées et au besoin librement dissoutes, par simple consentement mutuel, ainsi que se font déjà les divorces dans divers pays européens, à Genève, en Belgique, en Roumanie, etc., et la séparation en Italie. Dans ces divorces futurs, la communauté n'interviendra que pour sauvegarder ce qui est pour elle d'intérêt vital : le sort et

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