‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 44 sur 406 · Ibid., p. aU-3i · texte numérisé non relu

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que, transitoires aujourd'hui, les formes larvées des insectes ont été jadis fixes ; elle nous représentent des types ancestraux, que l'évolution a peu à peu métamorphosés en insectes dits parfaits. Les larves, actuellement stériles, proviennent d'ancêtres qui ne l'étaient pas et, chez les larves de certaines espèces, l'instinct maternel a survécu à la fonction reproductrice *.

Il en est sans doute ainsi, chez les abeilles et les fourmis ; leurs ouvrières doivent représenter une forme ancestrale, ayant, de son état antérieur, gardé la ferveur maternelle; au contraire, la forme ailée doit être relativement récente. Il semble même que, dans les républiques des fourmis et des abeilles, les laborieuses ouvrières aient, d'une certaine manière, gagné à être débarrassées des besoins sexuels, qui font commettre aux animaux et même aux hommes tant d'actes insensés; chez elles, le vieil instinct maternel a pris la place que lui cédait l'instinct amoureux; il s'est élargi et ennobli. Leur affection n'a plus exclusivement pour objet quelques individus seulement, ceux qui sont sortis de leurs entrailles ; tous les jeunes de r.issociation ont, sans distinction, droit à leur amour et en bénéficient ; dans leur ganglion sus-œsophagien, un souci prime tous les autres, celui de l'élevage. C'est la leur constante préoccupation, le" grand devoir, auquel elles sacrifient tout, même la vie. Chez elles, l'amour maternel, d'ordinaire si égoïste, s'est épanoui en amour social. Il n'est pas impossible que l'on assiste, quelque jour, dans les futures sociétés humaines, à une métamorphose psychique du même genre.

Tout en étant privées de la faculté de se reproduire, peutêtre pour cela, les ouvrières en apprécient très bien l'importance. Chez les abeilles, la femelle féconde, la prétendue

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