‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 47 sur 406 · Ibid., p. !*ll · texte numérisé non relu

Ibid., p. !*ll

i. Lspiiias, Soc. animales, p. ii5.

:.. Ibid., p. ilG-ilT.

aï L'ÉVOLUTION DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE

que Ton trouve des formes d'union, d'association, fort semblables au mariage et à la famille dans le genre humain. Rien de plus naturel; l'analogie anatomique et physiologique doit fatalement entraîner Tanalogie sociologique. Pas plus d'uniformité d'ailleurs parmi les mammifères que parmi les hommes : les besoins, l'habitat, les nécessites de l'existence dominent lout et, pour s'y accommoder, on a recoui^s à des procédés divei^.

Comme les hommes, les mamnjifères vivent tantôt en promiscuité, tanlôt en monogamie ou en polygamie ; l'instinct familial esl aussi chez eux très inégalement développ**. Parfois même on voit leurs mœurs conjugales se modifier avec le genre de vie. Ainsi le canard sauvage, qui est strictement monogame à l'état de nalurrî, devient très polygame en domesticité, et il en est de même pour la pintade. La civilisation déprave ces oiseaux, comme elle le fait de certiiins hommes. En général, et cela est naturel, ce sont les animaux vivant en troupes, qui se déshonorent le plus facilement par une promiscuité habituelle. Mais il n'en esl pas toujours ainsi ; le caractère de l'animal, le genre de vie, le plus ou moins de moralité antérieurement acquise, déterminent sa manière d'agir. 11 est probable du reste que certains animaux, vivant en troupes au moment des amours, ont jadis été plus insociables qu'aujourd'hui, car ils s'éloignent de la bande et se retirent à l'écart, par couples, dès qu'ils sont appaiiés : la vie sociale leur pèse.

C'est chez les oiseaux surtout que les divers modes d'association conjugale et familiale sont intéressants à étudier. Cela se peut facilement induire de l'ardeur, de la variété et paifois de la délicatesse qu'ils apportent dans leurs amours; mais, chez eux, le niveau de la moralité^ pour parler notre langage humain, est très divers, suivant les espèces. 11 est des oiseaux absolument volages et même débauchés, par exemple

le petit étourneau d'Amérique (Icterus pecoris)^ qui change de femelle au jour le jour, c'est-i-dire en est encore au stade le plus inférieur de l'union sexuelle, à la promiscuité débauchée, que nous retrouverons exceptionnellement dans quelques sociétés humaines peu civilisées *. Au moins l'étourneau n'est-il pas féroce, comme le sont les asturidés, à qui, selon Brehm, l'amour semble inconnu et chez qui l'on voit la femelle dévorer son mâle, le père ou la mère se repaître de leurs petits et ceux-ci, une fois grands, manger volontiers leurs parents. Ces mœurs féroces dénotent un très faible développement moral. Mais, si l'on en croit un missionnaire français, M«' Faraud, évêque du territoire du Mackensie, elles seraient encore celles de certains Peaux-Rouges de l'extrême Nord '. Nous ne nous en scandaliserons donc pas trop. Ces cas de grossièreté morale sont d'ailleurs assez rares chez les oiseaux.

D'autres espèces, tout en ayant renoncé à la promiscuité, sont encore de déterminés polygames. Les gallinacés surtout aiment particulièrement cette forme d'union conjugale, si commune, en fait, dans l'humanité, même dans l'humanité civilisée et se targuant de pratiquer la monogamie. Notre coq de basse-cour, sensuel et vaniteux, courageux et jaloux, est un type parfait d'oiseau polygame. Mais les habitudes polygamiques des gallinacés ne les empêchent pas de ressentir très fortement la passion amoureuse. Tels d'entre eux, quand le vertige d'amour les prend, semblent cesser de voir, d'entendre et ne se soucient plus des dangers. Par exemple, un coup de fusil n'effraie pas un tétras mâle, alors qu'il balance la tête en sifflant pour charmer sa femelle ^ ; mais cette ardeur ne l'empêche point d'être un animal volage, toujours

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