‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 49 sur 406 · Darwin, Descendance^ p. U4>, 44U · texte numérisé non relu

Darwin, Descendance^ p. U4>, 44U

» L*ÉVOLrTIO> DU NARUGE ET DE LA FAIULLE.

d^> avances. Dès ce moment, la cane oublia son ancien com- [lagnon. L'hiver passa et, le printemps suivant, la sarcelle mâle parut avoir cédé aux attentions et aux soins dont elle avait été entourée, car les deux oiseaux s'accouplèrent et produisirent sept ou huit petits*. > Il est difficile de ne pas attrihuer les écarts de ce genre à des mobiles analogues à ceux qui nous en font commettre de semblables, à la passion, au raprice, à la dépravation, si Ton veut. Force est bien ici de rejeter la théorie de Finstinct mécanique et immuable. De telles observations prouvent clairement que, tout en étant moins compliquée que la nôtre, la psychologie animale n*en diffère pas essentiellement et par conséquent réclaire. L'aventure de la cane, par exemple, peut, sans y rien changer, devenir une aventure humaine, attestant, pour la cent millième fois, que le cœur, ou ce que nous appelons ainsi, est mobile, que la fidélité conjugale ne résiste pas toujours à une impression forte, naissant d*une rencontre fortuite, que la nouveauté a des effets perturbateuis, enfin que Tindifférence et la froideur tiennent rarement devant les avances, les soins persistants d'un être qui aime assez pour ne pas se décourager. Dante a déjà fait cette dernière remarque, dans un vers célèbre :

Amor ch'a nuU' amato amar perdona.

Citer Dante a propos des amours illicites d'une sarcelle et d'une cane, cela pourra choquer les lettrés, mais le bien fondé de la citation atteste une fois de plus l'identité essentielle de l'organisme animal et de l'organisme humain.

Page 1