‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 5 sur 406 · M PRÉFACE · texte numérisé non relu

M PRÉFACE

coutumes, on se gardera de s'en indigner et surtout de les nier à la légère, uniquement parce qu'elles heurtent nos usages et notre moralité.

Tout ce que la science sociale a le droit de demander aux laits qu'elle enregistre, c'est d'être authentiques; cela bien et dûment constaté, il ne lui reste plus qu'à les accepter, à les classer, a les interpréter. Fidèle à celte méthode, sans laquelle il ne saurait y avoir de sociologie, j'ai, dans cet ouvrage, rassemblé, a titre de documents, (juantité de singularités, d'étrangetés, invraisemblables selon nos idées, criminelles selon notre sens moral, mais instructives, mais révélatrices. Quoique, dans un précédent volume, j'aie eu soin de bien établir la relativité de la morale, les précautions oratoires, que je prends en ce moment, ne sont pas hors de saison ; car le sujet de ce livre est très étroitement lié à ce que, par excellence, nous appelons « les mœurs y>. *

A ce sujet, je me permettrai une courte digression.

Personne ne prétendra que nos sociétés dites civilisées aient une morale pratique bien rigoureuse et, spécialement dans notre pays, une certaine littérature travaille en ce moment à reculer fort loin les bornes du dévergondage écrit; néanmoins, notre opinion publique attache encore, au moins en apparence, une importance particulière à la moralité sexuelle, et cela est l'expression d'un sentiment réel, dont la sociologie scientifique n'est pas embarrassée de retracer la genèse. Cette origine, fort peu relevée, remonte simplement au droit de piopriété

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