Ibid,, t. 1er, p
qu'une seule couvée à la fois ne lui suffit pas ; aussi chaque couple fait du zèle et soigne simultanément deux ou trois pontes, la femelle couvant Tune, tandis que le mâle nourrit les petits de la ponte précédente*.
Mais, si violent que puisse être l'amour des oiseaux pour leur progéniture, il dure peu et s'éteint subitement, dès que les jeunes peuvent à peu près se suffire à eux-mêmes. On est tout surpris de voir alors les parents chasser à coups de bec les petits que, peu de jours avant, il? soignaient avec une tendresse si dévouée. Cependant, avant de se séparer de leui^ jeunes, les oiseaux de plusieurs espèces les dressent à voler^ Ainsi le pyrargue à tête blanche les porte sur son dos pour les exercer, leur donner des leçons ; les grèbes, les cygnes, les eiders enseignent aux leurs à nager, etc. Mais au total la famille de l'oiseau et en général des animaux n'a qu'une durée éphémère, à moins que, comme il arrive chez quelques galli* nacés, le mâle ne conserve quelques-unes de ses filles pour enrichir son harem. En fait, chez les oiseaux et plus généralement chez les animaux, le sentiment paternel ou maternel ne dure guère plus que l'élevage ; une fois les jeunes devenus grands, les parents ne semblent plus les distinguer des étrangers de leur espèce, et il en est ainsi même chez les espèces monogamiques, où le lien conjugal dure toute la vie : seul, alors, le mariage persiste, mais la famille est intermittente et se renouvelle dans ses jeunes. Remarquons qu'il en est à peu près de même chez certaines races humaines peu développées. Mais, avant de parler des hommes, il ne sera pas hors de propos de rechercher ce que sont l'union conjugale et la famille chez les animaux les plus voisins de l'homme, chez les mammifères.
Au point de vue de la durée, de la solidité des aifections^