Darwin, Descendance, p
4â ' LÉVOLUTION DU MARUGE ET DE LA FAMILLE.
quemment autour de lui quatre ou cinq femelles*. Au contraire les ours, les belettes, les baleines, etc., vont ordinairement par couples. Parfois des espèces très voisines ont des mœurs conjugales différentes : ainsi le pécari à mâchoires blanches vit en troupes, tandis que le pécari à collier vit par paires*.
Même diversité dans les habitudes des singes. Les uns sont polygames, les autres monogames. Le macaque ouanderou {Macacus silenus) de l'Inde n'a qu'une femelle et lui e^l fidèle jusqu'à la mort '. Au contraire le Cebus capucintis est polygame ^
Les singes anthropomorphes, ces cousins germains de l'homme, ont adopté tantôt la polygamie, tantôt la monogamie. Les gorilles sont le plus souvent polygames. Savage nous dit que le Gorilla gina forme de petites hordes composées d'un seul mâle adulte, chef despotique de plusieurs femelles, et d'un certain nombre de jeunes.
Les chimpanzés sont tantôt polygames, tantôt monogames. Toujours la famille polygamique des singes est soumise au régime monarchique. Le mâle, qui est en même temps le chef, est despotique ; il exige de ses subordonnés une obéissance passive et il expulse les jeunes mâles, dès qu'ils sont assez grands pour lui donner de l'ombrage. En résumé, il est à la fois le père, le protecteur et le tyran de la bande. Néanmoins les femelles ont pour lui de l'affection et les plus zélées d'entre elles le lui prouvent en l'épouillant avec zèle, ce qui, chez les singes, est une marque de vive tendresse". Néanmoins ce maître flagorné finit souvent très mal. Vn beau jour, quand la vieillesse l'a rendu moins redoutable, quand il n'est plus