‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 59 sur 406 · Hérodote, Liv. XVI · texte numérisé non relu

Hérodote, Liv. XVI

LCTOCMEAD. — L'ÊTolulion du Mariage. 4

jour que tous les frères étaient réunis sur la place publique, l'un d'eux s'approcha de sa porte et, à la \ue du bâton, comprit que quelqu'un était avec elle; mais, comme il avait laissé tous ses frères ensemble sur la place, il crut à un flagrant délit d'adultère, courut chercher leur père et l'amena avec lui. Force lui fut de reconnaître en sa présence qu'il avait calomnié sa sœur*. »

En admettant même la parfaite exactitude du fait relaté par Strabon, et il n'a rien qui puisse surprendre un sociologiste ethnographe, le mot promiscuité est ici tout à fait impropre. La coutume de l'inceste maternel, qui n'est pas non plus sans exemple, permet peut-être de supposer une ancienne promiscuité familiale ; mais, en fait, les Arabes, dont parle Strabon, étaient simplemement polyandres et ils Tétaient à la manière des Tibétains actuels : ils pratiquaient la polyandrie fraternelle, forme conjugale sur laquelle nous aurons bientôt à revenir.

Les autres exemples de soi-disant promiscuité rapportés par les écrivains de l'antiquité le sont malheureusement avec une grande brièveté et, par suite, il est difficile d'en apprécier la valeur.

«Les Agathyrscs (Scythes), dit Hérodote, sont les plus délicats des hommes; ils portent surtout de l'or. Les femmes, chez eux, sont en commun alin qu'ils soient tous frères, et qu'étant si proches, ils n'éprouvent les uns contre les autres ni haine ni envie*. »

Dans un autre passage, Hérodote dit des Massagètes (Scythes) : t Chacun épouse une femme, mais ils usent de toutes en commun. » L'assertion est grossièrement contradictoire et ne peut se rapporter qu'aux mœurs extrêmement

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