‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 60 sur 406 · Hérodote, Liv. I · texte numérisé non relu

Hérodote, Liv. I

libres des femmes non mariées. En effet, chez nombre de peuples sauvages ou barbares, la chasteté rfesl nullement imposée aux femmes, pounii qu'elles n'aient pas de propriétaires. € Quand l'un d'eux désire une femme, continue Hérodote, il suspend son carquois devant son char et s'unit tranquillement avec elle*. »

Cela est simplement un trait de mœurs fort libres, à ranger à côté dé beaucoup d'autres, attestant que la pudeur est née tardivement dans le cerveau humain. Les Taïtiens étaient encore plus cyniques que les Massagètes. Hérodote lui-même parle d'Indiens noirs (Tamils) « qui s'accouplaient aussi publiquement que dés bestiaux » (III, 101), et V. Jacquemont nous a raconté que le rajah Runjet-Sing se promenait avec une de ses femmes sur le dos d'un éléphant et s'ébattait publiquement avec sa compagne, sans souci du qu'en-dirat-on (V. Jacquemont, Corresp.y 16 mars 1831). Il serait très facile, en puisant dans l'ethnographie, d'accumuler des faits du même genre ; mais je n'ai pour le moment qu'à continuer mon examen des vieux textes gréco-romains, ayant trait plus ou moins réellement à la promiscuité. J'y reviens donc^ Hérodote rapporte encore, en parlant des Anses, peuplade éthiopienne : « Chez eux, les femmes sont en commun ; ils n'habitent pas avec elles et s'accouplent à la manière des bestiaux. Lorsqu'il naît à une femme un enfant vigoureux^ tous les hommes vont le voir, le troisième mois, et celui à qui il ressemble le reconnaît pour sien*. » — Voici maintenant Pline, qui dit aussi des Garamantes : Garamanles ma-^ trimoniorum exsortes, passim cum feminis degunl '•

Strabon affirme, de son côté, que dans la population celtique de l'île d'Iernè (Irlande), les hommes « ont publique-

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