Pline, V
ment commerce avec toute espèce de femmes, môme avec leurs mères et leurs sœurs * ».
Les textes que je viens de mentionner sont ceux sur lesquels on s'est le plus ordinairement basé pour prétendre que les sociétés humaines ont débuté par la promiscuité ; ce sont à la fois les plus anciens, les plus authentiques et les plus explicites. Ajoutons-y l'affirmation de Varron cité par saint Augustin S et suivant laquelle les Grecs, antérieurs à Cécrops, vivaient en promiscuité. Mais, comment ne pas être frappé de la faiblesse de ces preuves historiques? Les unes ne sont que des affirmations générales. Les autres se rapportent manifestement soit à des anomalies sociales, soit à des cas de polyandrie. Nul doute à ce sujet pour les anciens Arabes, dont parle Strabon, et pour les Protohellènes de Varron; il s'agit sûrement, dans ce dernier cas, de la famille matriarcale, dont j'aurai à reparler longuement. En effet, après avoir dit que les Protohellènes n'avaient pas de mariage, Varron ajoute que les enfants ne connaissaient que leur mère et en portaient le nom. La preuve est décisive, car le matriarcat n'exclut nullement le mariage, comme nous le verrons plus tard, et, chez les Lyciens, il se 'conserva jusqu'au temps d'Hérodote.
Pour être complet dans cette re\iie des anciens textes je mentionnerai encore le passage du Tintée, où Socrate parle de la communauté des femmes : « Au sujet de la procréation des enfants, nous avons établi la communauté pour le mariage et les enfants, faisant en sorte que personne ne pût reconnaître ses enfants, mais que tous se prissent pour des parents et vissent des frères et des sœurs dans ceux dont l'âge se . prêterait à cette illusion, des pères et des grands-pères dans