‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 68 sur 406 · Wake, Evolution of3forality,i. !•', p · texte numérisé non relu

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louent volontiers leurs filles, soit à des particuliers, soit à des maisons de prostitution, pour une durée de quelques années, et les jeunes personnes ne sont nullement deshonorées pour cela. En Abyssinie, dit Bruce, en dehors du lien conjugal, très facile à nouer et à dénouer, les femmes disposent de leur personne comme elles Tentendent.

Dans la Rome primitive, comme chez nous, la jeune fille sans dot, Vindotata, était tenue en médiocre estime; aussi nombre de jeunes filles se procuraient la dot indispensable en trafiquant de leur personne. Un vieux proverbe latin conservait le souvenir de cette ancienne façon de gagner sa dot: Tusco more y tiUè tibi dotem quœris corpore *.

Or, dans toutes ces mœurs, à la fois simples et grossières, il n'est pas possible devoir les traces d'un hétaïrisme imposé, dérivant d'une antique époque de promiscuité, qui aurait été également obligatoire.. Ce sont simplement des traits de laisser-aller animal. On est moralement mal dressé encore et le souci de la décence, de la pudeur, est des plus légers.

Si une certaine retenue est imposée à la femme mariée, ou plutôt possédée par un homme, en pays primitif, c'est uniquement parce qu'elle est considérée comme une propriété, au même titre qu'un champ ou un animal domestique. Pour elle, disposer sans autorisation de sa personne ost un crime souvent capital, mais, dans nombre de contrées, le mari a le droit incontesté de louer, de prêter ou de troquer sa ou ses femmes : jus utendi et abutendi. Je mentionnerai quelques-unes de ces coutumes maritales.

En Amérique, depuis le pays des Esquimaux jusqu'à la Patagonie, le^prêt de la femme est non seulement licite, mais souvent louable. Égède ditdes Esquimaux c que ceux

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