‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 77 sur 406 · I. Girnud-Toulou, Orig, de la famille^ p · texte numérisé non relu

I. Girnud-Toulou, Orig, de la famille^ p

± Parry {Troisième voyage). Ilist. univ. des voyages^ t. XL, p. i5C.

n. Giraud-Teulon, Lo cit,, p. 96.

i. Élie Reclus, Les Primitifs, p. 70.

T). 1(1., Ibid., p. 80.

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Mais c'est particulièrement en Polynésie que la naïve impudeur des peuples primitifs s'étalait sans souci du qu'endira-t-on.

m La principale difficulté des missionnaires dans les iles Sandwich, dit M. de Varigny, consistait à enseigner aux femmes la chasteté : elles ignoraient le mot et la chose. L'adultère, l'inceste, la fornication étaient choses communes, acceptées par l'opinion publique et môme consacrées par la religion *. »

Ces mœurs dataient de loin en Polynésie. Les voyageurs y< du siècle dernier les y avaient observées, inaltérées encore. Les Taïtiennes, libres, trafiquaient ouvertement de leurs personnes et souvent les pères, les mères, les frères, parfois les maris, les amenaient aux marins d'Europe et les louaient, après un vif marchandage, pour des clous, des plumes rouges, etc. \

A Noukahiva, « les jeunes filles de l'île, dit Porter, sont les femmes de tous ceux qui peuvent acheter leurs faveurs, et une belle fille est considérée par ses parenis comme un avantage, qui leur assure pour un temps richesse et abondance. Cependant lorsqu'elles sont avancées en âge et ont des enfants, elles forment des liaisons plus stables et semblent alors aussi fermement attachées a leurs maris que les femmes de toute autre contrée* ».

Dans le même archipel, dit le chirurgien Roblet, on a souvent offert aux Français des filles qui ne paraissaient pas avoir plus de huit ans, « et, dit le narrateur, elles n'étaient pas neuves' ».

I. Carver, Travels in North America, p. 2i5. S. De Varigny, Quator%eans aux Ues Sandwich, p. 159. :t. Wallis, Hint, univ. des voy.^ t. XVUl, p. 30i. — Kclwanls, ibid., t. XUI, p. ««.

i. Portor, Hisi. univ, des voy., t. XVI, p. à3i. 7t. Marrhand, /ftii/., t. XV, p. KMî.— Moorfiilionl, Voy. nur ilex. l. I•^p. 3lî^

a La vertu, parmi eux, dit encore Porter, la vertu telle que nous l'entendons, était inconnue et ils n'attachaient aucune honte à des actes qu'ils regrardaient non seulement comme naturels, mais comme un amusement inoffensif. Beaucoup de parents s'estimaient honorés de la préférence accordée à leurs filles et témoignaient leur satisfaction par des présents de codions et de fruits, qui devaient leur sembler d'une extrême munificence*. »

En Polynésie, l'opinion publique prescrivait pourtant aux v/ femmes mariées de ne point se livrer sans l'autorisation de leur propriétaire, c'était à peu près, en fait de mœurs, la seule règle restrictive; mais les maris trafiquaient sans scrupule de leurs épouses. « Tawee, dit Porter, était un des plus beaux hommes de l'île, aimant beaucoup à parer sa i>ersonne ; un morceau d'élofic rouge, quelques grains de verre ou une dent de baleine avaient, pour lui, des charmes irrésistibles et, pour se procurer ces objets, il oflrait en retour tout ce qu'il possédait de plus précieux. Ainsi sa femme était d'une beauté remarquable et lui le plus tendre des maris, cependant Tawee m'offrit plus d'une fois sa femme pour un collier*. »

Offrir une femme à un visiteur, îiuquel on voulait faire honneur, était d'ailleurs, en Polynésie, un acte de simple politesse et la même politesse prescrivait d'accepter l'offre et d'en profiter, sur-le-champ, coram populo (Bougainville). Souvent c'était sa propre femme que le mari abandonnait ainsi à son hôte, et le cas de Porter, que je viens de citer, n'a rien d'exceptionnel. Pareille aventure arriva au capitaine Beechey^ et à bien d'autres voyageurs. Cette libéralité conjugale était dans les mœurs : l'ami, le teyo, acquérait sans

1. Porter, Hist. nat, des votj.y t. XVI, p. ^29. t. Id., Loc. cit., t. XVI, p. «ir».

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