FORMES SINGULIÈRES D'ASSOCIATION SEXUELLE
conteste des droits conjugaux sur la ou les femmes de son ami. Entre les frères, les parents, l'échange des femmes était fréquent* à ce point qu'a ïoubouai, etc., dit Moerenhout, les femmes étaient presque en commun et qu'aux Marquises, une femme avait parfois jusqu'à vingt amants, etc. *.
Pour les Polynésiens, goûter les plaisirs de l'amour sensuel était la grande affaire de la vie; ils n'y voyaient aucun mal et n'y mettaient aucune retenue. Les femmes étaient entraînées, engraissées avec de la purée de fruit à pain en vue des ébats amoureux% et, dès la première enfance, les mères dressaient leurs filles à danser la limorodie^ danse très lubrique et accompagnée de paroles appropriées îi son objet*. — D'ailleurs les conversations étaient en parfaite harmonie avec les mœurs : a Une chose, qui me frappa surtout, dit Moerenhout, dès que je commençai à entendre un peu leur langue, ce fut leur extrême licence dans U conversation, licence poussée jusqu'au cynisme le plus éhonté et qui n'est jamais autre, même dans la bouche des femmes : car ce peuple ne s'occupe et ne parle que des plaisirs des sens et, exprimant chaque chose par son nom, n'a pas la moindre idée de ces euphémismes de nos sociétés civilisées, où l'on parle à double sens, à mots couverts ou en termes admis, de choses qui, dites crûment, paraîtraient révoltantes et causeraient du scandale, ce que ces insulaires ne sauraient concevoir et que les missionnaires n'ont jamais pu leur faire comprendre '^ .»
Enfin l'existence, à Taïti et dans d'autres archipels, de la société religieuse et aristocratique des Aréois achève de peindre l'état mental des Polynésiens, au sujet des mœurs.