Dénieunicr, l. 1'', p. 1G
r.. Ibid., i>. 100.
FORMES SINGULIÈRES D*ÀSS0G1ATI0N SEXUELLE. 83
pourtant moios singuliers, si nous voulons bien nous rappeler que, dans les sociétés peu cultivées, on fait très peu de cas de la chasteté des jeunes filles : la pureté yirginalc alois n'est nullement prisée et il est même des pays, par exemple chez les Saccalaves de Madagascar^ chez certains aborigènes de rinde*, où c'est pour les mères un devoir de déflorer ellesmêmes leurs filles avant de les marier.
Avec de telles mœurs les mariages à l'essai n'ont plus rien que de fort naturel. Au dire d'un ancien voyageur français dans l'Amérique du Nord, de Champlain, avant de se marier, les Peaux-Rouges du Canada vivaient quelques jours ensemble, puis se quittaient si l'essai n'avait pas paru satisfaisant à l'un deux^
Un chroniqueur espagnol, Herrera, rapporte de son côté que les Otomies du Mexique passaient aussi, à titre d'essai, une nuit avec la femme qu'ils désiraient épouser; ils pouvaient la .quitter ensuite, mais à la condition rigoureuse de ne pas la garder pendant la journée du lendemain ^
De même, chez les Sonthals, tribu aborigène de l'Inde dont les mariages se célèbrent simultanément une fois l'an, les candidats au mariage doivent d'abord vivre six jours ensemble, et c'est seulement après cette épreuve qu'il leur est loisible de se marier**. Chez certaines tribus tartares de la Russie d'Europe et de la Sibérie, on avait institué des mariages d'essai ne durant qu'une année, si la femme ne devenait pas mère durant ce laps de temps*. Dans l'île de Cey-