‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 96 sur 406 · Moorcroft and Trcbcrk's, Traveh, [ h', |i. 3îe · texte numérisé non relu

Moorcroft and Trcbcrk's, Traveh, [ h', |i. 3îe

2. Koussclet, Ethnographie de l'Himalaya occidental, in Retut d^anthrap'^

DE LA I>OLYAiNDRlE, 09

Dits d'épouse qu'un despote indien pourrait l'être des belles i peuplent son zemana ou harems »

Sur la manière dont se règlent les rapports intimes entre iris et femme dans les ménages polyandriques du Tliibet, us n'avons guère de renseignements. Chez les Todas, la nme n'avait jamais dans le commerce conjugal qu'un iri à la fois, mais elle en changeait chaque mois; parfois ssi les maris associés s'adjoignent temporairement quelque ine homme appartenant «i la tribu, mais non encore engagé ns les liens du mariage ^

li est une autre forme de polyandrie, beaucoup moins mmune que la polyandrie fraternelle, mais tout aussi rieuse et à laquelle on a fait jouer un grand rôle dans ^'crses théories sociologiques. C'est la polyandrie des Naïrs, ute caste indigène du Malabar.

Si extraordinaire que soit, à nos yeux, la polyandrie iternelle, dite thibétaine, celle des Naïrs du Malabar lait bien plus encore. Ici la réalité dépasse tout ce que us aurions pu imaginer en fait de mœurs conjugales. Les rents Naïrs mariaient les filles de très bonne heure. La uvelle épousée avait rarement plus de douze ans. On butait par une union éphémère, une soite de mariage siiche, mais célébré néanmoins avec de grandes réjouisaces, en présence des parents et amis. Le mari initiateur et ovisoire passait au cou de la fiancée le collier conjugal, lalif et dès lors le mariage était conclu et devait se conmmer; seulement, au bout de quatre ou cinq jours, le uvel époux était obligé de quitter la maison de la femme pour toujours. Au contraire la jeune épousée restait dans famille et, à partir de ce moment, contractait une série mariages partiels, mais durables. — Le premier maria[»e

. Turnor, Hist. univ. des voy., t. XXXI. p. Wi.

!. Major Ross Kjug, Jovm. of Anlropology i1870}, p. 3*2.

100 L ÉVOLLTKKN iM MAlilA(.E ET DE LA FAMILLE.

(1(3 la j(nmo fille Naïr n'avait (!'videminont d'autre objet (jne la d(3lloration; c'(3Uiit un service que l'on demandait à r(»poux postiche et qui lui (Hait souvent pay(\ Un voyageur rapporle que, pour cette entrée en mariage, on s'adressait souvent à un portefaix, à un ouvrier indemnisé à cet ellct. Si ses prétentions étaient trop élevées, on recourait à un Arabe, à un étranger; et toujours, dit 1(* narrateur, on aurait prélëré n'S derniers, gratuitement obligeants, si, la cérémonie terminée, ils avaient su s'éloigner à temps et de bonne gran». — Une l'ois bien et dûment préparée pour le mariage, la jeune Naïr pouvait prendre pour époux, qui bon lui semblail, sauf le mari provisoire des premiers jours*. L(^ nombre di' ses maris variait de quatre à douze 2. Chacun d'eux lui (*lail d'abord présenté, soit par sa mère, soit par son oncle maternel, personnage important dans la famille. Chaque époux copartageant était, à son tour, mari en titre pendant un temps trc's court, vaiiant d'un jour à dix jours et il restait, de son coté, libre de participer à diverses sociétés conjugale^ polyandriques. On affirme que, dans ces curieux ménage^, tous les maris associés vivaient en tn'^s bonne intelligenc^î^

Ordinairement, l(»s maris iSaïrs n'étaient ni frères, ni parents, car ces polyandres semblaient avoir sur rinccslc des idées analogues aux nôtres. Mais, seules, l(»s unions eu dehors de la caste étaient réputées coupables; elles constituaient une sorle d'adultère social. Les prérogatives conjugal(»s des maiis n'allaient pas sans c(»rtains devoirs. H leur fallait entretenir la (commune (»])ousée (^t ils s'entendaient pour se partager la dépense. A l'un d'eux de fournir les habits, à l'autre de donner le riz*. A c(»s conditions, cliacmi

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