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CHAPITRE II

L'EXTENSIGN ET L’AGGRAVATION

Les premiers symptômes du parkinsonisme une fois apparus, comment celui-ci va-t-1l se développer ? S’étendra-t-1l d’une façon progressive et mdéfinie, ou au contraire, atteindra-t-1l en un temps donné, une sorte de période d’état, un maximum auquel il se fixera ?

L'extension et l’aggravation sont irrégulières. — L'histoire de 16 parkinsoniens actuellement hospitalisés à Brévannes et suivis depuis plusieurs années, nous a fourni des documents qui vont permettre de répondre sans hésitation.

Chez tous, le syndrome a atteint ur maximum d’extension et d'intensité et s’y est fixé.

DIFFÉRENTS MODES D'EXTENSION. — Le parkinsonisme se constitue suivant diverses modahtés que nous envisagerons successivement.

a) Par simple aggravation des symptômes initiaux qui ont atteint d'emblée tous les segments qui seront atteints par la maladie.

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b) Par extension progressive des troubles fonctionnels à de nouveaux segments.

c) Par extension et aggravation progressive, des symptômes nouveaux apparaissant en même temps que s’aggravent ceux qui existent déjà.

La malade n° 3183 À, B... Germaine, sténo-dactylo voit survenir, en mai 1924, un léger tremblement des doigts qui, pendant un an, reste localisé tout eh s’agoravant peu à peu. Ce n’est que vers juin 1925 que le tremblement empêche la malade de continuer son métier. C’est vers cette époque également qu’il se généralise en même temps que la rigidité fait son apparition.

Chez cette malade, nous retrouvons réunis les trois modes d’extension du syndrome et pourtant pendant longtemps, seul le tremblement a évolué.

Chez le malade n° 241, c’est la rigidité qui domine tout le tableau clinique. En novembre 1920, il ressent une fatigabilité excessive à la marche suivie de rigidité des membres inférieurs ; en janvier 1922 le malade est incapable de faire un pas.

Le malade n° 931 est un exemple de l’extension segmentaire d’un symptôme. En août 1922, il présente du tremblement dans la main droite ;: en octobre, un tremblement de la jambe droite ;en novembre 1922, la jambe et le bras gauche sont atteints.

Cette progression régulière, s’emparant de chaque membre dans un ordre déterminé, pourrait sembler être la règle, mais d’autres observations montrent une anarchie complète dans l’extension du syndrome.

Tel le malade n° 3138 qui présente, en mars 1922, de la raideur de la jambe gauche, puis du bras gauche : 3 mois plus tard, un tremblement généralisé apparaît accompagné de troubles de la parole. De même, le malade n° 1670 accuse, en mars 1923, une gêne des mouvements due à de la raideur apparue aux membres supérieurs. En août 1923, le tremblement s'ajoute à la rigidité. En janvier 1924, la marche est impossible, car la rigidité s’est étendue aux membres inférieurs.

Ainsi, dans ces observations, aucun ordre ne règle l'extension et l’aggravation du syndrome. Des symptômes nouveaux viennent s’intriquer avec ceux qui existent, s’agoravent pour leur propre compte et finissent par faire des malades de grands infirmes.

Mais si le mode d’extension ne peut être déterminé, il est certain qu’il est progressif, lentement sinon réguhèrement, et indépendant de poussées évolutives.

Tous nos malades à une exception près, sont d'accord pour aflirmer qu'ils sont arrivés progressivement à leur état actuel, l’évolution s’est faite à bas bruit. Aucun épisode critique, aucune aggravation brutale, aucun phénomène paroxÿstique qui puisse être interprété comme la poussée d’une maladie progressivement évolutive. Tous ont une histoire calquée sur celle que voici : J.… Jean (observation n° 2770) atteint d’encéphalite, en septembre 1929, voit apparaître, en août 1930, un tremblement de la main droite ; dans le même mois, la rigidité se traduit par un facies figé, de la raideur cervicale. Aucun

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trouble de l’état général n'intervient. J... Jean continue son travail de cultivateur simplement gêné par le tremblement et la rigidité qui augmentent peu à peu. En septembre, la salivation apparaît, en même temps que la rigidité se propage aux membres inférieurs, rendant le malade impotent, ce qui l’oblige à se faire hospitaliser à l’hôpital Lariboisière.

Le 6 avril 1931, 1l entre dans notre Service à l'hôpital de Brévannes ; c’est un parkinsomien typique.

Nous avons vu que les symptômes sont apparus en quelques mois, sans poussée fébrile, sans aucun signe révélateur d'infection, on pourrait presque dire sans que le malade y prenne garde.

Ainsi la malade n° 2554 A, atteinte d’encéphalite en décembre 1921, a vu le parkinsonisme s'installer à bas bruit, de février 1925 à 1928.

De même la malade n° 931 a présenté une évolution continue de son syndrome, d'août 1922 à no-

vembre 1924.

L’aggravation et l’extension ne sont pas indéfinies. — Cette aggravation régulière ne s’est pas prolongée indéfiniment chez nos malades. Elle s’est étendue sur un laps de temps plus ou moins long et elle a fini par s'arrêter : le parkinsonisme s’est alors stabilisé.

En 1925, MM. Maurice Renaup et Aucer posaient déjà le principe de la stabilisation neurologique du parkinsonisme. Pour eux, une période de deux ans à deux ans et demi était suffisante pour que l’évolu-

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thon du syndrome soit terminée. Comme ces auteurs n'avaient alors suivi les malades que quelques années on pouvait craindre que la stabilisation dont ils parlaient ne fût pas définitive. Les années ont passé, et les malades ont continué d’être suivis. Nous enregistrons aujourd’hui que tous les malades sont restés tels qu’ils étaient alors. Les malades éonsidérés comme stabilisés en 1925 sont tous en 1933 dans le même état au pont de vue de leur parkinsonisme et ceux qui sont décédés pendant ces 8 dernières années n’ont présenté aucun signe de processus évolutif. A l’heure actuelle, pour les 15 parkinsoniens hospitalisés depuis plusieurs années, quelques-uns même depuis 10 ans, dans le Service de M. Maurice Renau», le temps nécessaire à la constitution définitive du syndrome n’a pas dépassé 4 ou 5 ans.

Nous posons donc comme règle que le parkinsonisme se développe d’une façon insidieuse et continue pendant un temps limité, allant de quelques mois à 5 ans et qu’il prend ensuite une forme stable et définihive.

Cette règle s'oppose à la théorie de l’évolution progressive et indéfinie qui fut celle que défendit M. Souques au Congrès de Neurologie de 1921, et qui compte encore beaucoup de partisans si nous en jugeons par maints écrits.

Certains arguments sur lesquels s’appuyatent ces auteurs sont faciles à réfuter. En effet, nous verrons ce qu'il convient de penser des formes à évolution lente et imdéfinie et des formes cachec-

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