‹ L'Évolution du Parkinsonisme et le Devenir des ParkinsoniensChapitre 25 sur 51 · ACER · texte numérisé non relu

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tent une amélioration de leurs troubles fonctionnels.

Enfin, certaines médications telles que la scopolaine, l’atropine ou le datura, exercent une action indiscutable sur les troubles fonctionnels. Un malade soumis à un tel traitement s'améliore, mais cesse-t-il de le suivre quelques jours, la rigidité et le tremblement se retrouvent avec la même intensité. Ce sont des médications symptomatiques : elles n’ont qu’un but, celui de soulager, mais aucune n’est capable d'apporter la plus petite amélioration réelle et définitive.

Ainsi, il faut se garder de prendre toutes ces variations fonctionnelles pour des améliorations. Dans aucun cas 1l y a disparition permanente d’un symptôme, 1l n’y a qu'atténuation plus ou moins nette. Un examen approfondi permet toujours de retrouver les symptômes essentiels qui ne disparaissent jamais.

Poussées, rechutes encéphalitiques. — A côté des variations fonctionnelles passagères on observe des agoravations permanentes, durables, progressives ou d'apparition SOUDAINE.

De tels faits dont l’étude est capitale pour notre conception de la maladie doivent être minutieusement étudiés.

Prenons d’abord le cas de la malade D... Louise, cas typique d'évolution du syndrome par poussées successives sans stabilisation. ;

D... Louise présente en février 1924 un syndrome infectieux à allure grippale, accompagné de somno-

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lence pour lequel est posé le diagnostic d’encéphalite. Quelques mois plus tard, un tremblement léger du bras gauche apparaît accompagné de crampes musculaires, de myoclonies et d’une asthénie marquée. En février 1925, la malade est hospitalisée à l'hôpital Lariboisière. La température se maintient à 390 avec frissons et sueurs abondantes. Le tremblement du bras gauche s’accentue. Il est accompagné de douleurs. La malade reste trois mois à l'hôpital puis reprend ses occupations habituelles tout en conservant un tremblement de la main et de l’avant-bras gauche.

En juillet 1926, la température s'élève brusquement à nouveau ; la malade accuse des douleurs musculaires aux membres inférieurs, de la raideur de la nuque. L'épisode aigu dure une huitaine de jours et la malade garde des troubles de la marche, qui est saccadée et un facies figé.

En février 1927, nouvelle poussée fébrile. Elle entre à la Salpêtrière et en mai 1927 est dirigée sur Brévannes. À ce moment, elle présente un tremblement continu de la main et de l’avant-bras gauche. La main est en flexion, les doigts repliés à l’intérieur. Il'existe de la rigidité au niveau du membre inférieur gauche entraînant de la claudication pendant la marche. Le facies est figé et inexpressif, l’état général est bon, la malade mange, s’habille seule, elle se livre même à quelques travaux de couture. Pendant son séjour à Brévannes, la malade suivie régulièremen s'esl augravée progressivement par une série de

poussées survenant principalement à l’occasion de ses règles jusqu’en 1929. À cette époque, 10 décembre 1929, son état est très aggravé, la rigidité est marquée, le bras gauche en flexion est collé au corps, le poignet est fléchi sur l’avant-bras, les doigts en extension forcée, le bras droit en extension est collé au corps. Les membres inférieurs sont raides. Le tremblement est généralisé, on note un mouvement de pédales au niveau du pied gauche.

L'état général est médiocre, la malade ne peut ni manger m1 s'habiller seule. La marche est encore possible avec un aide.

De décembre 1929 à octobre 1932, les poussées évolutives ont été beaucoup plus intenses. La température s’est maintenue élevée à 389 d’une façon à peu près continue. Aussi, dès 1930, la malade est confinée dans son lit, incapable de faire un mouvement ; l’état général est médiocre.

En 1933, elle est cachectique et grabataire.

L'observation de cette malade nous montre en résumé une série d'épisodes dont chacun est en tous points semblable à celles publiées les premières années qui ont suivi l'épidémie d’encéphalite. Le processus infectieux encéphalitique ne s’est Jamais éteint. Le syndrome a ici, procédé par rechutes successives, dont chacune a été suivie d’une aggravation du parkinsonisme qui a pris l'apparence d’une affection à marche progressive, mais c’est une exception qui doit se rencontrer rarement à l'heure actuelle.

L'histoire d’un autre de nos malades nous a donné

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un exemple d’une rechute isolée et tardive d’encéphalite. Depuis qu’il était hospitalisé à Brévannes, de novembre 1923 à 1927, on avait noté au contraire une amélioration de son syndrome.

Fin 1932, le malade se présentait comme un parkinsonien typique à symptomatologie discrète ; le facies est inexpressif. La rigidité généralisée est peu intense, le tremblement à petites oscillations prédomine au% membres inférieurs et au membre supérieur droit. La marche se fait facilement à grands pas, le malade s'habille, mange seul, et se livre même à de petits travaux manuels.

Le 15 décembre 1932, brusquement, le malade présente une exagération du tremblement qu se généralise à tout le corps et avec de violents paroroxysmes. La température s’est élevée à 390, le malade est couvert de sueurs, se plaint de céphalée. On décèle des signes nets de réaction méningée (5 à 6 lymphocytes, 1 gr. d’albumine, 0 gr. 65 de sucre). On applique à ce malade la thérapeutique anti-infectieuse de règle dans notre service. Il reçoit trois injections intraveineuses de sapocridine à la dose de 5 centimètres cubes. La température s’abaisse progressivement et dès les premiers Jours de janvier, le malade est très amélioré, le tremblement a diminué, les sueurs ont disparu. Le 1€7 février 1933, il se lève, mais lui qui, trois mois auparavant était relativement valide est véritablement plus infirme qu'il n’était.

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On: a fait grand. état des cas analogues ? Daiventils être tenus pour une règle ?

I est ici de toute évidence que notre parkinsonien a fait une nouvelle encéphalite aiguë, de même nature que la première. Cette rechute a amplifié et aggravé le syndrome.

Ces deux observations montrent comment l’encéphalite peut évoluer en dehors du type habituel à poussée unique.

Dans un cas on voit des rechutes successives qui donnent la physionomie d’une affection à poussées successives, dans l’autre, il s’agit d’une maladie qui serait contractée une seconde fois.

Ces faits sont bien connus. Ils ont été signalés par Vox Economo chez un malade qui a présenté 5 fois dans les 7 mois suivant l’encéphalite, la symptomatologie de la forme oculo-léthargique, le même auteur signale un eas où le malade fit une encéphalite à forme choréique grave, 6 mois après une forme oculo-léthargique. M. Acnarp en 1920, faisait une communication à l'Académie de Médecine sur « l’évo- «lution serpigineuse de l’encéphalite épidémique «et hémorragie méningée au cours de la maladie ». Ces cas de reprises du processus encéphalitique sont presque tous, moins des rechutes ou des récidives que des « formes subaiguës qui appartiennent plutôt à l’histoire des formes initiales de la maladie ».

On peut donc affirmer que chez les malades stabilisés depuis plusieurs années, les rechutes vraies sont exceptionnelles. On a parlé de réveil tardif de

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