‹ L'Évolution du Parkinsonisme et le Devenir des ParkinsoniensChapitre 30 sur 51 · MER · texte numérisé non relu

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virus présent y détermine des lésions indéfiniment progressives. La vraie question est pourtant celle de savoir si, dans un cas donné 1l y a ou non des lésions en évolution. On ne la peut trancher par des généralités sur l’encéphalite.

Rechutes et poussées. — L'existence bien connue de ces formes, dont nous avons nous-même rapporté des exemples, où l’on voit succéder des épisodes plus ou moins nombreux, tous calqués sur l’épisode initial, et après lesquels se manifeste une aggravation des troubles fonctionnels, loin de prouver que le processus habituel de l’encéphalite soit chronique et prolongé, plaide au contraire contre cette opinion. Ils nous font saisir en effet que toute modification au cours habituel de l’affection est liée à un processus aigu et transitoire. À chaque poussée ou rechute apparaissent des lésions nouvelles que l’examen anatomique mettrait en évidence et qui conditionneront l'apparition de nouveaux désordres.

Ces poussées inflammatoires nettement aiguës et successives ne sont pas plus une encéphalite chronique, que des poussées successives de lymphangite ne sont une inflammation chronique. Chacune des atteintes a sa personnalité, évoluera si l’on peut dire, pour son propre compte, en ajoutant ses propres méfaits à ceux des précédentes. Le syndrome devient une somme ;1l n’est pas une progression.

Si aucun fait ne nous paraît susceptible d’être tenu

pour le signe d’une évolution progressive du processus encéphalitique, en revanche toutes les constatations que nous avons faites en observant les malades et en fouillant leur histoire et que nous avons consignées dans les précédents chapitres, nous autorisent à penser que le trouble fonctionnel est dans le parkinsonisme post-encéphalitique un désordre laissé comme séquelie par des lésions cérébrales depuis longtemps

éteintes.

19 Le parkinsonisme n’est pas une maladie. — Et d’abord 1l faut bien noter qu’on ne trouve chez les Parkinsoniens aucun signe qui traduise l’existence d’un processus infectieux où qui en révèle une localisation. Plus rien, chez aucun malade, qui de près ou de loin rappelle l’encéphalite. Aucune atteinte, jamais de l’état général. Les grandes fonctions de nutrition (à part certains déréglements humoraux sur lesquels nous reviendrons) sont normales, le -poids reste stable, il n’y a ni fièvre ni réaction hémoleucocytaire. |

Aucun trouble nerveux qui soit de ceux qui caractérisent l’encéphalite primitive : ni céphalée, Thèse Picard. 5

SPÉDIEE

ni somnolence, ni paralysies oculaires, et les troubles qu’on observe sont justement de ceux que ne réalise aucun processus inflammatoire :

Liquide céphalo-rachidien sans modifications Pas de lésions en évolution ;

Cerveau non virulent.

20 Les troubles fonctionnels du parkinsonisme

sont des séquelles. — Il n’y a donc plus rien chez nos malades qui ressemble à l’encéphalite initiale. Si on ne veut pas forcer les faits pour les faire cadrer avec les théories établies a priori, et dont on ne saisit d’ailleurs pas l'intérêt, si on se refuse à admettre que les lésions de l’encéphalite initiale ont pris en passant à la chronicité un type particulier si différent de tout ce que nous connaissons que nous ne savons pas les reconnaître, il faut bien accepter avec M. Maurice Renaup, que chez les Parkinsomiens 1l n’y a plus de maladie en évolution.

Cette conception semble pourtant avoir heurté la plupart de ceux qui s'intéressent à la question. C’est que l’apparition tardive du syndrome, son installation progressive lui donnent une autonomie apparente.

Nous avons montré pourtant, combien les apparences sont trompeuses et comment 1l faut se garder de prendre l'installation lente d’un syndrome et son amplification limitée avec l’évolution progressive d’une maladie.

Pourquoi ferait-on difficulté de classer le Parkin-

Re

somisme parmi ces nombreux syndromes-séquelles pour lesquels on ne fait pas tant de manières pour les rattacher à une maladie éteinte —— Le syndrome paralÿytique de la diphtérie, certains diabètes, les insuflisances glandulaires, etc. Serait-ce parce que les troubles fonctionnels y apparaissent à une date variable, parfois lointaine ? Mais il n’y a rien là qui doive surprendre. On a vu des paralysies de type périphérique apparaître des mois après un traumatisme des nerfs et des racines, sans que rien ait permis de connaître ce qui s'était passé dans lPintervalle. On peut même poser qu’en règle générale, désordres brutaux mis à part, les troubles fonctionnels sont rarement contemporains des premières atteintes cellulaires. Et 1l en va particulièrement ainsi quand la fonction exige le concours de plusieurs mécanismes élémentaires. Les contractures, les chorées, les athétoses, et tant d’autres phénomènes ne suivent jamais que de loin la paralysie, celle-ci n'étant pas elle-même contemporaine du début de la maladie causale.

Ainsi, non seulement les conditions de l’apparition du Parkinsonisme et de son développement ne nous obligent nullement à tenir celui-ci pour primitif et conditionné par des lésions actuelles et progressives, mais nous paraissent susceptibles de jeter quelque clarté sur la nature des troubles qui le caractérisent.

__ Troubles fonctionnels du tonus des muscles et de l’état statique qui conditionne leur repos, ils sont le

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résultat de troubles élémentaires d’excitation et d’inhibition dont l’étude a si fort provoqué la curiosité et retenu l’attention des physiologistes. Troubles légers, discrets, instables relevant plus sans doute d’un décalement du synchronisme des fonctions élémentaires que de leur réelle insuflisance. Mais ceci est d’un tout autre domaine.

La nature des troubles fonctionnels, leur déterminisme nous importent peu — pour le moment du moins. Leur signification seule nous préoccupe. Après avoir exposé les deux conceptions qui se heurtent, pesé les arguments, tenu compte des observations et des faits, il nous semble qu'aucune hésitation n’est possible. Après des mois d’études et de réflexion, 1l ne persiste pas dans notre esprit le moindre doute. Le Parkinsonisme, n’est que la séquelle d’une maladie éteinte. Ce n’est pas une maladié, mais une infirmité résiduelle. Nous allons maintenant en dresser le bilan.

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