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une gêne considérable dans l’alimentation. C'est ainsi que l’on voit dans nos réfectoires de pauvres parkinsoniens répandre le contenu de leur cuillère avant de lavoir portée à leur bouche et si, les aliments arrivent intacts, le tremblement de la langue et des lèvres, les contractures des muscles masticateurs viennent compliquer leur déglutition. Ainsi, ces malades découragés par de vains efforts arriventils à prendre une ration alimentaire tout à fait insuffisante, d’ou amaigrissement.
51 l’infirmité est plus accentuée, les malades sont alors des grabataires, véritablement quadriplegiques. Le malade n° 2508 en est un. Durant l'hiver 1919- 1920, il est atteint d’une encéphalite qui dure trois semaine senviron, suivie quelques mois plus tard du parkinsonisme. Le 10 septembre 1929, il est hospitalisé à Brévannes : c’est un grabataire. On ne peut savoir depuis combien de temps 1l est ainsi. Le tremblement est généralisé, la rigidité très intense empêche tout mouvement. L’atrophie musculaire est très marquée. Îl est bien évident que pour ce malade, les troubles moteurs dominent tout, ils règlent le pronostic. En effet, si les soins viennent à manquer, le malade s’acheminera rapidement vers la mort. Condamné à une immobilité absolue, le parkinsonien grabataire pourra voir survenir des escarres ouvrant la porte aux infections responsables de la mort rapide en hyperthermie. Comme pour le parkinsonien valide, les troubles moteurs reten-
tissent sur la vie organique, la rigidité généralisée
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occasionne des troubles de la déglutition, le trismus parfois intense empêche la prise de tout aliment solide, et bien que chaque jour une personne étrangère fasse manger le malade, celui-ci s’amaigrit progressivement par dénutrition.
Ainsi, les troubles moteurs, à eux seuls, permettent de grouper les parkinsoniens, en petits infirmes, en grands infirmes et en grabataires.
Mais si les troubles moteurs dominent, le parkinsonisme détermine aussi un état psychique particuler différent également pour chaque catégorie de malades. Nous allons essayer de donner un tableau d’ensemble du psychisme particulier aux parkinsoniens. Ce tableau sera plus ou moins accentué suivant les sujets.
H semble qu’il y ait non seulement association des troubles moteurs et des troubles psychiques, mais qu'il existe un véritable parallélisme entre eux. En effet, ce que VrrGer et EswarD ont appelé «viscosité motrice » se retrouve dans le domaine psychique. Crapanir et NaviLe ont constaté que le mécanisme intellectuel est ralenti et que le temps de réflexion était plus long que chez les autres sujets’ Îls en concluent à l'existence d’un rapport constan1 entre la lenteur motrice de ces malades et leur lenteur intellectuelle.
Pour définir ce trouble caractérisé par de la lenteur psycho-motrice, Navicre lui a donné le nom de « Bradyphrénie ». Le parkinsonien éprouve autant de difficulté à penser qu'il en a pour agir et pour
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H. Vercer « l’activité intellectuelle est engourdie comme les muscles ».
En résumé, la caractéristique de leur état, c’est qu'ils ne pensent et n’agissent qu’au prix d’un effort de volonté sans cesse à renouveler. Mais cet effort les parkinsoniens ne le font pas toujours aussi très souvent, ces malades sont des automates, ils ne prennent aucune initiative. Tout leur semble indifférent. D'autre part, leur volonté déficiente laissera libre cours à de brusques impulsions et ces malades qui d'ordinaire très dociles, deviendront subitement violents allant jusqu’à frapper leurs camarades et leurs infirmiers. Mais ces parkinsoniens encore valides et désireux de réagir contre cette bradyphrénie peuvent parfois faire preuve d’une intelhgence assez vive. « Interroge-t-on un de ces malades que, l'attitude soudée, la pauvreté d’expression mimique et gesticulatoire dénoncent indifférents ou hébétés, on est frappé par la rapidité et la pertinence des réponses. »
Cette possibilité de penser leur permet de prendre conscience de leur état et entraîne une tendance à la mélancolie et au suicide.
Nous ferons entrer dans les troubles psychiques, conséquence des troubles moteurs des parkinsoniens, le facteur « fatigue ». Elle est due à deux causes, le manque de sommeil et la rigidité. En effet, chez nos malades, les heures de sommeil sont très réduites, 3 ou 4 heures par nuit. Souvent ces quelques heures sont peuplées de rêves, les malades sont agités, crient,
chantent pendant leur sommeil ; les crises de somnambulisme ne sont pas rares. Cette insommie nocturne entraîne une somnolence diurne accentuant encore l’état d’apathie de ces malades.
La rigidité, contracture permanente des muscles, entraîne une fatigue musculaire considérable, et on est allé jusqu’à dire que cette fatigue musculaire entrait pour une large part dans la. lenteur des mouvements des parkinsoniens et même que les arrêts dans l’exécution d’un mouvement, tel que celui de porter la main à la bouche, était uniquement dü à la fatigue musculaire.
Enfin, dans ce bilan, on ne saurait passer sous silence les troubles de la vie neuro-végétative, faisant partie intégrante du parkinsonisme. L’hyperhydrose, la sialorhée, les troubles d’allure vaso-motrice sont dus sans aucun doute à des perturbations du système neuro-végétatif. Le parkinsonisme, pour J. de Massary, étant une maladie du tonus musculaire, les centres moteurs extra-pyramidaux entrent pour une large part dans l’apparition de ces troubles du tonus et le système neuro-végétatif y joue également un certain rôle. La recherche des troubles du métabolisme basal, a montré qu'il était la plupart du temps augmenté. Il n’est pas dans le cadre de €e travail, d'étudier en détail eette atteinte du système neuro-végétatif ; car elle peut faire à elle seule l'objet d’un mémoire.
Ainsi, troubles moteurs, troubles psychiques, troubles neuro-végétatifs entrent dans le bilan de
linfirmité parkinsonienne. Les plus importants sont sans contredit les troubles moteurs, ils tiennent sous leur dépendance tous les autres. “
Il ne faudrait pas croire que le parkinsonisme seul est responsable des différents troubles pouvant se rencontrer chez les parkinsoniens. L’encéphalite peut laisser derrière elle en plus du parkinsonisme, d’autres séquelles, qui, s’associant à lui, viennent compliquer et compléter le tableau de l’infirmité. Ces troubles associés peuvent intéresser le domaine moteur psychique et neuro-végétatif.
On a décrit un syndrome excito-moteur indépendant et souvent isolé du parkinsonisme, dans lequel rentrent toutes les manifestations d’excitation motrice anormale qui consistent en mouvements involontaires tels que chorée et myoclonie.
On observe également des spasmes de torsion et il a été signalé des cas rares d’hémiplégie et de paraplégie post-encéphalitique. j
L’encéphalite peut aussi laisser derrière elle des phénomènes mentaux importants. On a signalé des fugues, des tentatives de suicide, de la mélancolie anxieuse, de l’obsession. On peut rencontrer des états confusionnels et on a décrit une neurasthénie post-encéphalitique.
Enfin dans le domaine peu connu des troubles neuro-végétatifs associés au parkinsonisme, l'obésité, le syndrome adiposo-génital, le diabète insipide, ont été signalés fréquemment après l’encéphalite.
Il est donc bien évident que des séquelles aussi
| diverses qu ’importantes peuvent survenir à la suite
de l’encéphalite épidémique. On ne saurait les réunir sous le même vocable de « parkinsonime », ce sont des troubles associés qui peuvent évoluer pour leur propre compte sans modifier en rien le parkinsonisme tel que nous l'avons défini.