‹ L'Évolution du Parkinsonisme et le Devenir des ParkinsoniensChapitre 34 sur 51 · LE DEVENIR ET LA MORT DES PARKINSONIENS · texte numérisé non relu

LE DEVENIR ET LA MORT DES PARKINSONIENS

Infirmité limitant ou abolissant les fonctions de relation elle ne trouble la vie des sujets qui en sont atteints que dans la mesure où elle imite leur activité physique. Elle leur laisse le libre jeu de l'esprit. La vie du parkinsonien dépend de sa condiction, de son milieu, de son entourage.

Les désordres psychiques dans la sphère de la vie émotive et sentimentale tiennent donc ici une grande place. Ils fixent en grande partie le sort des malades ; les uns, doux et faciles à soigner et à aider peuvent trouver en l'affection dont ils se montrent dignes un réconfort et des Joies ; les autres, difficiles à vivre, insupportables, insociables et assez souvent méchants, se retranchent du monde ne méritant plus que de la pitié.

Les désordres de la vie végétative jouent aussi dans la vie de nos malades un rôle que nous n’avons pu que soupçonner. Nous avons seulement reconnu

LU RNA

ere Lu, à

que ces désordres ne sont en général pas assez importants pour entraîner des modifications notables de Péquilibre nutritif. Fonctions de respiration, de circulation, d'absorption et d’assimilation restent chez eux indéfiniment assez satisfaisantes pour que nous puissions avancer sans paradoxe que nos parkinsoniens jouissent en règle générale d’une excellente santé. Ils ne sont menacés par la défaillance d'aucun de leur appareil. Ils sont peu sensibles aux maladies infectieuses.

En effet, dans notre Service, chaque hiver fait apparaître un nombre assez important de grippes. Or, de nos parkinsoniens actuellement vivant à Brévannes, aucun n’a dans ces dernières années, présenté d’épisode infectieux d’allure grippale. Une de nos malades à fait un érysipèle. L'évolution de la maladie a été bénigne et courte après la thérapeutique habituelle : diététique et injection quotidienne de saprocridine pendant trois jours,

On est donc porté à croire que les parkinsoniens, même quand ils sont de grands infirmes ne sont pas touchés dans « les œuvres vives » de leur organisme et qu’ils sont susceptibles de mener jusqu’à la vieillesse la vie à l’activité réduite à laquelle les condamne leur infirmité. Il en est bien ainsi dans un certain nombre de cas pour lesquels aucune éventualité fâcheuse ne paraît prévisible. L'avenir montrera, nous n’en doutons pas, que quelques-uns de nos malades deviendront des vieillards ou seront emportés par quelque maladie banale n’ayant rien à voir avec

l'encéphalite. Et pourtant la mortalité est grande

chez les parkinsoniens.

La mort des parkinsoniens. — Nos parkinsoniens peu réceptifs aux maladies aiguës vont être un terrain favorable au développement de la tuberculose. Cette constatation a été exposée dans la communication de MM. Maurice Rexaup et Brizarp à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, le 16 décembre 1932. Elle est basée sur le résultat de {4 autopsies faites dans notre Service à Brévannes. {0 fois des lésions de tuberculose pulmonaire suffisantes pour avoir causé la mort ont été trouvées chez les malades mourant dans un état de cachexie marquée.

L'histoire de quelques malades montrera bien le développement rapide de la cachexie rattachée souvent aux troubles de leur infirmité. Le malade n° 1877 C, G... Raymond, est hospitalisé à Brévaunes le 23 mars 1925. Depuis 1920, date d’une encéphalite grave, le malade passant d'hôpital en hôpital a vu se développer un parkinsonisme qui se traduit lors de son entrée à Brévannes par une rigidité cénérahsée peu intense et un tremblement généralisé très marqué et de grande amplitude aux

membres supérieurs. Le faciès est figé, les lèvres et

la langue trémulentes. La marche est possible et

la station debout immobile ne l’est pas. L'état général est médiocre, le malade est amaigni. Il n’v a pas de température. L'auscultation des poumons révèle quelques râles fins au sommet gauche.

Pre Te

En mai 1925, la température présente des clochers vespéraux à 409, Le malade tousse, l’amaigrissement s’est accentué. Le 11 juin 1925, le malade meurt, cachectique. L’autopsie a montré une plèvre adhérente sur les deux tiers supérieurs des deux poumons. Les lobes supérieurs droit et gauche sont creusés de cavernes remplies de liquide purulent. Le diagnostic de tuberculose ulcéro-caséeuse est posé.

Chez une autre malade, la tuberculose s’est développée avec encore moins de signes cliniques. F... Lucie, âgée de 19 ans, est entrée à Brévannes en juin 1925. À ce moment elle présentait un syndrome parkinsonien peu marqué avec un excellent état général. Le syndrome a terminé son évolution en 1926 et à cette époque la malade est valide, elle se lève, s’habille, mange seule et fait de grandes promenades. L'état général est très satisfaisant. Elle reste telle environ deux ans et vers la fin de l’année 1928, un amaigrissement survient, la malade ne sort plus et se sent fativuée. On met.le tout sur le compte de sa maladie. Mais brusquement le 8 février 1929, àl se déclare un état infectieux grave avec température à 409, dyspnée et cyanose. Le 24 février 1929, la malade meurt.

L’autopsie montra des granulations éparses dans les deux poumons et une caverne du volume d’une noix dans le lobe supérieur droit entourée d’une zone ramolie caséeuse.

Thèse Picard. 6

Page 1