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III. Pigments azotés de la série aromatique. — Un cer

tain nombre de pigments sont encore moins définis que les

précédents ; parmi eux, il en est qui semblent se rapprocher

des matières colorantes de la série aromatique employées dans l’industrie, comme l’indigo et les couleurs d'aniline.

Inxpico. — L’indigo, comme la plupart des matières colo

rantes végétales, ne préexiste pas, en général, dans les plantes

vivantes; il se développe aux dépens d’une substance chro-

mogène, l’indican, qui subit une sorte de fermentation à la

suite de l'immersion dans l’eau des tiges et des feuilles des

Indigofera qui le contiennent; dans ces conditions l'indican se dédoublerait en un glucose et en indigotine, en fixant les éléments de l’eau.

-La coloration bleue de certaines urines de l’homme exposées à l'air est due également, comme l’a montré Baumann,

à la formation d’indigo aux dépens de l’indican, qui dérive

lui-même de l’iëndol. Celui-ci est un corps aromatique,

7 EX C‘H: N CH, NAZH

fort répandu dans l’économie, où on le trouve en petites

quantités, en particulier dans le foie, la chair musculaire, les

fèces, les urines ; dans ce dernier cas, il est à l’état d'indoxyl-

sulfate potassique, c’est-à-dire d'indican ou indigogène, ce NH.

L'indican, oxydé au sein de l’eau, subit une condensation

moléculaire, avec élimination de sulfate acide de potassium,

SO'KH, et formation d’indigo bleu,

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Oh DE LA CONSTITUTION DES PIGMENTS 585

Quand l'oxydation se fait à chaud avec l’acide nitrique {réaction de Rodenbach}, on obtient surtout du rouge d'indigo, isomérique avec l’indigo bleu ordinaire.

L'urine renferme des traces d'un homologue supérieuride l'indigogène, C‘H°AZOSOK, le scatoxyl-sulfate potassique, C°H*AzOSOŸK, que les oxydants colorent en rouge-ou en violet.

Les réactions colorées de l'indigogène et de son homologue supérieur ne semblent pas se produire fréquemment: dans:les organismes vivants; chez ceux-ci les pigments dugroupede l’indigo ne se manifestent pas en général, restent.latents, pour ainsi dire.

CouLEURS D'ANILINE. — Les couleurs d’aniline «du -commerce présentent encore, à un plus haut point, la facilité-de changer de teinte.

Dérivées du triphénylméthane CH (CH) elles sont ades formules complexes, telles que les suivantes :

C.AzH° C.AzH° CH// \CH CE XC(GHS) al he CH lc 94 dÿ4 'e 'e | | COH COH CG NC CH CH C/ . \CtEH 32 cu FN PACE ca :

CH CH” CH RG CH | La tel xt RU | CAzH* CH CH CAzH* CAzH° CH CH CAzH?

Pararosaniline, Rosaniline.

La fuchsine, qui cristallise en octaèdres réguliers d'un beau vert mordoré, et dont une trace communique à l'eau une coloration rouge cramoisi intense, est due à l’action de HCI sur ces bases; les réducteurs décolorent la dissolution de fuchsine, et la transforme en leucorosaniline.

En substituant à H du groupement AzH° le radical C°H° (phényl) ou divers autres, on obtient des violets, des bleus, des verts, des noirs, etc., qui avec le rouge constitue la gamme des teintes d'aniline.

On a beaucoup discuté sur la présence des couleurs d’ani-

line dans les organismes vivants (1); nous les signalerons chez les bactéries (voir ch. 11). Il est curieux de rencontrer chez des organismes qui ont certainement précédé la cellule dans l’évolution générale des êtres vivants des pigments qui, grâce à des changements moléculaires insignifiants (substitution de radicaux organiques dans les groupements terminaux), peuvent prendre toutes les teintes du spectre.

Ce serait peut-être de ce côté qu'il faudrait chercher les pigments des plastidules ancestraux ; ceux-ci auraient une allure assez différente de ceux que l’on rencontre plus habituellement dans les cellules, les Zipochromes et les pigments formés aux dépens de certains radicaux dérivés de la chromatine, les uns etles autres susceptibles d’entrer dans les combinaisons azotées complexes (albuminoïdes), qu’explique la formation d'un protoplasma, absent chez les plastidules ancestraux et en général chez les bactéries.

Il est à remarquer, pour conclure, que tous les pigments semblent dériver de l’activité, assimilatrice ou désassimilatrice, de plastidules de chromatine : les couleurs d’aniline sont produites par les bactéries, petits amas de chromatine ; dans l’œuf, les lipochromes sont le résultat de la vie des pyrénosomes chromatiques ; enfin, la plupart des pigments des êtres supérieurs sont des dérivés chimiques de la chromätine. Ceci vient appuyer l’idée que les granules pigmentaires sont constitués par de la chromatine. Nous aborderons maintenant l'étude détaillée de ces granules.

(1) Prétendues couleurs d’aniline (aplysie, etc.); voir Krukenberg.

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