MODIFICATIONS DU PIGMENT
de couleur dans la nature. Cette chenille se nourrit presque exclusivement de fleurs; sa couleur passe au rouge, au jaune, au vert, au gris, suivant celle des fleurs aux dépens desquelles elle se nourrit. Mais la nourriture n'est pour rien dans le phénomène; en effet, Schrôder, ayant constitué plusieurs lots aux dépens d'une même ponte, et leur ayant fourni la même nourriture, les a soumis à des rayons lumineux reflétés par des morceaux de papier diversement colorés : il a obtenu les teintes correspondantes.
En résumé, les pigments se modifient sous l'influence des divers agents physiques et chimiques : 1° soit par suite du virage des pigments eux-mêmes ; 2° soit par suite de V atténua-tion ou àeV exaltation de la fonction chromogène des granules.
Ici encore, l'analogie entre les granules pigmentaires et les bactéries s'impose, et la fonction chromogène peut être mise en parallèle avec la fonction toxigène. Garnot a eu l'idée, sur le conseil de Gilbert (1), d'essayer de renforcer la pigmentation de la cellule épithéliale du cobaye par des greffes en série ^ comme on renforce la virulence de la bactérie pathogène au moyen de passages successifs à travers des organismes (2).
(1) Ca-rnot, ThèsBy p. 49.
(2) Il serait également intéressant d'essayer des cultures de granules pigmentaires, puisque cette méthode réussit si bien pour les bactéries ; mais il faudrait pour cela chercher des milieux de culture vraiment en rapport avec les conditions habituelles de vie dé& granules pigmentaires.