DU PI6HENT DANS LE REGNE ANIMAL
gine alimentaire et difficiles à distinguer des pigments intrinsèques.
Les lipochromes sont fréquents chez les protozoaires et semblent être des pigments intrinsèques. On les rencontre chez de nombreuses espèces, seuls ou associés à des pigments introduits. Le premier cas est réalisé chez les rhizopodes marins, les globigérines, en particulier, qui, par leur accumulation, donnent parfois une teinte rouge écarlate à Teau de la surface des océans (Agassiz) ; le second chez les Euglena^ dont le noyau est entouré d'une auréole rouge, due à l'association de deux lipochromes sans doute d'origine nucléaire, et dont le protoplasma possède une teinte verte proveijant de l'infection de cette espèce par des corps chlorophylliens. Chez certaines Euglena , on observe même une alternance saisonnière entre la teinte rouge et la teinte verte.
Ces associations pigmentaires sont bien connues : les radiolaires ont, outre des lipochromes, un pigment vert ou un pigment brun, dus, comme l'ont montré Geddes et Brandt, à des algues symbiotiques, vertes ou brunes, les zpochlorelles ou les zooj:anth elles.
Il n'est donc pas étonnant qu'on retrouve chez les protozoaires les pigments des algues inférieures : c'est tantôt une teinte bleue provenant des Oscillatoria, tantôt de la chlorophylle, tantôt un pigment brun, voisin de la diatomine, provenant des diatomées qui sont, avec les bactéries, la nourriture habituelle des êtres unicellulaires.
D'autres teintes, comme le bleu du Stentor cœruleus, ou le violet des Zoonomyxa, seraient peut-être dues à des infections par desplastidules parasites ou même par des bactéries chromogènes ; c'est là une hypothèse qu'il faudrait vérifier.
Spongiaires. — Chez les éponges qui sont les métazoaires (an. pluricellulaires) les plus primitifs, toutes les cellules sont des phagocytes en rapport presque constant avec le milieu extérieur; elles englobent les corps organisés qui passent à leur portée ; beaucoup de ceux-ci y continuent à vivre, en particulier les grains de chlorophylle des algues et sans doute aussi d'autres granules pigmentaires d'origine diverse. C'est peutêtre là la cause ^es teintes si brillantes et variées des éponges (rouges, orangées, jaunes, vertes...), comme semble le prouver le cas des spongilles d'eau douce, colorées en vert par des zoochlorelles symbiotiques.
Toutes les éponges marines possèdent des lipochromes et très souvent d'autres pigments leur sont superposés ; d'après Krukenberg, ce soniXes uranidines (des Aplysinidae) etles floridines (des Reniera purpurea et YHircinia variabilis), substances remarquables par les variations de teinte qu'elles subissent sous l'action des oxydants et des réducteurs: les uranidines jaunes, avec des reflets fluorescents verts, prennent une teinte foncée sous l'action des oxydants ; les floridines, d'un rouge pourpre, solubles dans Teau et la glycérine, et non dans les dissolvants des lipochromes, se décolorent sous l'action des réducteurs. L'origine, encore inconnue, de ces divers pigments, serait à rechercher.
Cœlentérés. — Chez les coelentérés, la fonction phagoevtaire s'affaiblit, mais elle est encore présentée par les celluleendodermiques qui revêtent la cavité gastrulaire : c'est sandoute par cette voie que se fait l'infection pigmentaire dehydres vertes de nos mares.
Beaucoup de cœlentérés marins fixés possèdent une teint»verte, mais qui peut passer au bleu, au rose, au brun; d*aprè> Hickson, ce vert remplacerait dans les récifs coralliens celui des algues absentes ; il aurait d'ailleurs le rôle physiologique de la chlorophylle. On s*est posé souvent la question de savoir s'il est dû à des algues symbiotiques ; les a cellules jaunes « décrites chez un certain nombre d'anémones de mer sont en général regardées comme telles. Krukenberg a étudié ave«soin le pigment fluorescent de la variété verte de VAnt/iej cereus; par ses caractères il rappellerait la chlorophylle, et >t rapprocherait de matières qui colorent divers animaux (bonellies, choetoptères, foie des mollusques, etc.); il entrerait dandes mélanges variés (Mac Munn), et grâce à sa situation dans des tissus différents, il subirait des changements physiques et chimiques importants.
RÉSUMÉ. — Ainsi chez les animaux que nous venons de passer en revue, les pigments introduits par le mécanisme «l»la phagocytose jouent un rôle important; à côté des infectiond'origine végétale, il y aurait lieu, sans doute, de reconnaître l'existence d'infections d'origine différente, infections qui expliqueraient des pigments à caractères chimiques spéciaux. rappelant quelque peu ceux des bactéries.
De plus, les pigments de ces animaux sont excessivement sensibles aux variations chimiques du milieu intérieur et du