DU PIGMENT BANS LB KEGNK ANIMAL
terre, et provenant de Tendothélium de la cayité générale, reçoivent les produits d'excrétion qu'elles conduisent, soit vers les néphridies, soit vers l'extérienr; elles méritent le nom à! excrétophores ; or, elles contiennent les granules pigmentaires, de teinte sombre, qui, par leur accumulation dans la peau de la sangsue et leur inégale répartition, lui donnent son aspect particulier.
Vertébrés. — Chez les vertébrés, les pigments introduits ne jouant sans doute plus aucun r61e, la pigmentation serait due uniquement à des pigments d'origine interne. La coloration du sang par V hémoglobine est caractéristique de ces animaux ; celle des téguments est due à des lipochromes et à des méla^ nines, souvent associés à la guanine. L'accumulation de ce dernier produit d'ei;:crétion dans les téguments, surtout dans ceux des vertébrés inférieurs, où il se traduit par des effets d'optique curieux (1), indique cpie Texcrétion se fait mal; l'intoxication interne qui en résulte est sans doute la cause des métamorphoses de ces animaux et celle de la pigmentation : chez l'adulte, les cellules reproductrices présentent des migrations chromatiques qui entraînent comme l'on sait (voir plus haut ch. vi) la formation du vitellus des œufs, matière complexe souvent riche en lipochromes; au cours des métamorphoses se produisent les phénomènes chromatiques décrits par Bataillon (méconnus par la plupart des auteurs qui s'occupent delà pigmentation des vertébrés), qui expliquent la formation de la mélanine aux dépens de la chromatine, et non de l'hémoglobine du sang, comme on l'admet souvent. Les lipochromes et les mélanines des vertébrés seraient en définitive le résultat d'intoxications nucléaires.
Ce sont ces pigments qui, d'après Kmkenberg, s'associent entre eux, pour donner, avec le concours de phénomènes physiques (2), leurs couleurs aux vertébrés; les lipochromes prédominent chez les poissons, les amphibiens et les reptiles, à l'exception des serpents; les mélanines dominent au contraire chez ces derniers et chez les mammifères; enûn, chez les
(1) Les bandes argentées des maquereaux sont dues à des effets «l'optique ; voir plus haut p. 29 et p. 39.
(2) La teinte verte des grenouilles est due à ce qu'un pigment d'nae autre teinte est. ru à travers un tissu de strueture spéciale.
biologique pigmentaire que j'ai esquissëe. Chez les êtres cellulaires, on rencontre deux sortes de granules colorés : des granules venus du dehors et introduits souvent par la voie digestive (pigments introduits)^ et des granules qui ont pris naissance dans l'organisme lui-même, à la suite d'une intoxication des noyaux cellulaires {pigments intrinsèques). Or, si Ton considère deux animaux, comme une éponge et une ascidie, fixés sous le même rocher et présentant tous deux une circulation d'eau intérieure, on conçoit facilement que les conditions de production, d'infection, de migration et de modification pigmentaires étant les mêmes pour eux, ils prennent des pigmentations analogues. Quant à la constance des pigments intrinsèques dans toute la série des êtres vivants, quel que soit le milieu, elle n'est pas faite pour nous étonner, car ces pigments apparaissent à la suite de l'action des substances toxiques, toujours les mêmes, CO', ammoniaque, produits uriques, etc., sur des groupements qui sont restés bien identiques à eux-mêmes dans la série animale, les groupements des plastidules de chromatine constituant les noyaux cellulaires.
Ces considérations, qui expliquent la constance du pigment, éclairent aussi les faits à'harmonie pigmentaire, qui feront l'objet du dernier chapitre de ce petit livre.