‹ L'évolution du pigmentChapitre 7 sur 20 · ETUDE BIOLOGIQUE DES CHLOROLEUCITES · texte numérisé non relu

ETUDE BIOLOGIQUE DES CHLOROLEUCITES

Les granules pigmentaires les mieux connus sont les corps chlorophylliens, ou c/iloroleucites, qui donnent la teinte verte aux végétaux.

Or, ces leucites présentent nettement les caractères de la vie : ils sont capables d'accroissement et de division^ phénomènes qui sont la conséquence d'une assimilation et d'une désassimilation abondantes; ils sont particulièrement sensibles à la lumière, et présentent des mouvements d'orientation qui règlent l'intensité des radiations lumineuses agissantes, de façon que celles-ci favorisent la production du*pigment et soient utilisées par lui.

Les chloroleucites sont en nombre variable dans le protoplasma des cellules végétales; des formes diverses ont été décrites avec soin (chloroleucites des conjuguées, etc.); on n'est pas fixé sur leur structure : réseaux, ou filaments, ou petits grains, d'une substance colorable en gris d'acier par la nigrosine, et imprégnée par les pigments.

Au pigment vert ou chlorophylle s'en ajoutent en général d'autres. C'est la xanthophylle, matière jaune, voisine de la carotine, séparable par l'alcool de la solution benzinée de chlorophylle, et présentant trois bandes d'absorption dans le bleu et le violet; ce sont \di phycophéine, Xdi phycoxanthine, \dL phycoérythrine, qui donnent leurs teintes aux algues marines; etc.

La plupart des végétaux (non compris les bactéries) présentent des chloroleucites; font exception les champignons et quelques phanérogames parasites.

On rencontre parfois des corps verts chez Les animaux, mais leur présence a donné lieu à des discussions nombreuses.

1® La teinte verte de beaucoup d'animaux n'est pas due à la chlorophylle; exemples: la coloration verte des Virbius (Kru-

kenberg), celle des ailes des insectes (même auteur) (1), celle des bonellies, etc. (Krukenberg, Sorby, etc.). La teinte verte du foie de nombreux mollusques, vers, échinodermes, est due à une substance voisine de la chlorophylle, V entérochlorophylle de Mac Munn (1).

2° Dans bien des cas les grains verts qui colorent le protoplasma de certains animaux (infusoires, spongille) semblent être tout simplement des algues parasites, ce qui expliquerait l'observation de Brandt, qui a vu dans ces corps verts un noyau et une membrane cellulaire.

On se trouve donc en présence de deux opinions différentes : certains auteurs, comme Ray-Lankester (1883), persistant à voir de vrais chloroleucites dans ces grains colorés ; d'autres (Brandt, Geddes), au contraire, considérant ceux-ci comme des algues vivant en symbiose, à la manière des zoochlorelles et des zooxanthelles.

Ici nous rencontrons la théorie parasitaire de la coloration pigmentaire. Cette théorie s'appuie sur quelques faits dans le cas de la coloration chlorophyllienne des animaux.

1° Chez les Frontania vernalis (infusoires ciliés) les corps verts se divisent par 4, comme s'ils étaient des algues inférieures.

2° On constate parfois que la coloration verte des animaux paraît être due à un wéritahle phénomène d'infection. Chez les Paramœcium bursaria (infusoires ciliés) on peut assister à l'invasion de certains individus par la couleur; c'est ainsi également que se colorent les embryons de Vortejc viridis,

3** On a essayé de faire des cultures et des inoculations. Ce sont là deux méthodes précieuses pour V étude des granules pigmentaires, si toutefois on sait trouver des milieux de culture appropriés, Cienkowski en 1871 a reconnu que les corps jaunes des radiolaires peuvent vivre isolément. Famintzine, Beyrinck ont cultivé à part, l'un les corps verts des Paramœcium bursaria, l'autre ceux de l'hydre verte ; mais on a échoué

(1) Pocklington croyait avoir trouvé de la chlorophylle dans le corps des insectes, mais Krukenberg a montré que cette chlorophylle provient du contenu de l'intestin que Pocklington n'avait pas éliminé; à ce propos, et au sujet de Mac Munn, Krukenberg s'élève vivement contre les procédés et méthodes de recherche de nombreux auteurs.

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ensuite pour les Convoluta, planaires qui donnent une teinte verte au sable des plages de Bretagne et de Normandie. — D'autre part, Brandt, qui avait pratiqué des cultures, a essayé aussi les inoculations. Le Dantec a infecté des Para^ mœcium putrinum avec des Paramœcium hursaria.

Si l'on admet l'explication des algues parasites, quelle est alors la nature de ces algues ? Famintzine pense que ce sont des Protococcacées, Van Tieghem en fait des Palmellacées.

Famintzine va plus loin encore : il étend la symbiose aux corps chlorophylliens de tous les végétaux ; pour lui, les chloroleucites sont des algues symbiotiques. Mais, comme nous l'avons déjà dit, c'est là une théorie un peu hasardée, car les cultures à part n'ont pas réussi, et aucun fait ne vient l'assurer.

Il serait peut être plus conforme à la vérité de considérer la teinte chlorophyllienne des animaux et celle des végétaux comme dues à une infection parasitaire constante causée par de simples chloroleucites.

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