‹ L'évolution du protestantisme francais au XIXe siècleChapitre 17 sur 32 · CONSTITUTION DES ÉGLISES LIBRES · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DES ÉGLISES LIBRES

Adolphe Monod, revîent tout entière à VEglise historique ; selon son frère Frédéric, elle repose sur la conscience individuelle. Adolphe Monod admet bien qu'à l'heure actuelle l'Eglise est profondément troublée par un désordre grave. La discipline étant tombée en désuétude par le malheur des temps, on peut en être membre et même pasteur et docteur, sans adhérer formellement à $a doctrine. Si cette situation prenait un caractère définitif^ il n'hésiterait point à se retirer. Mais la regardant comme un fait provisoire, il se croit libre d'y rester et d'y travailler au retour de la vraie doctrine, ne reconnaissant pas aux principes ecclésiastiques ou collectifs la valeur prépondérante propre aux principes spirituels et personnels.

« Me trouvant engagé, dit-il, au service de l'Eglise établie, non par choix personnel, mais par l'ordre de la Providence divine... j'y ai une tâche préparée, une expérience acquise, une influence obtenue, en un mot, une position spirituelle toute formée par le travail d'une vie entière, non sans encouragement de la part des hommes ni sans bénédiction de la part de Dieu. L'Eglise établie est donc ma place naturelle... Je reste persuadé qu'il n'appartient qu'au Seigneur de placer ses serviteurs et de les déplacer. » (1)

Frédéric Monod, sous l'inspiration du Réveil,

(1) Pourquoi Je demeure dans VEglUe établie. Librairie protestante.

regarde l'Eglise, non comme un ensemble d'institutions et de formules données par Dieu une fois pour toutes, mais comme une assemblée de croyants appuyée sur les vérités bibliques, professant la doctrine qui en sort, s'entr'aidant pour la répandre et la faire pénétrer dans la vie. La formule, expression verbale de la doctrine, ne doit donc point être confondue avec la vie, qui seule la réalise. Or, cette confusion à peu près inévitable dans les Eglises officielles plus ou moins latitudinaires et contaminées par l'hétérodoxie, altère la vraie foi. L'Eglise réformée de France n'a pas échappé à ce péril. C'est pourquoi Frédéric Monod la quitte, ne se sentant pas en communion complète avec son esprit. En se retirant, toutefois, il rend hommage à la sincérité de ceux de ses frères qui croient pouvoir y rester et il les prie de lui garder leur affection comme il leur garde la sienne.

Agénor de Gasparin, dans le même esprit, suit la même voie. Rien d'absolu à ses yeux dans la conception ecclésiastique. Que les Eglises soient nationales ou particulières, chacune a son rôle et sa destination parmi les hommes; la conscience individuelle en est seul juge.

La séparation accomplie là-dessus, Frédéric Monod et Agénor de Gasparin, au début de 1849, font un appel aux Eglises libres particulières qui existent déjà, comme on l'a vu, sur plusieurs points du territoire, et elles y répondent. Le lundi 20 août 1849, elles.se

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