CONSTITUTION DES ÉGLISES LIBRES
réunissent et forment une association sous le nom à" Union des Eglises éçangéliques de France. « Ces nouvelles Eglises, nous dit M. de Gasparin, ne font que relever le drapeau des premiers jours, la foi qui constituait seule parmi les apôtres le titre et le lien ecclésiastiques. Nous rentrons donc, en les fondant, dans le droit chemin où nos pères ont marché et où nous appelons nos frères séparés à nous rejoindre, sous le regard de Dieu. Tout en se séparant d'ailleurs, on doit rester uni par Taffection. Qui sait même si un temps n'arrivera pas où les chemins viendront à se rejoindre ? »
En constituant l'union on détermine le culte, le ministère, la discipline, l'enseignement, le gouvernement de la manière la plus démocratique, chaque Eglise devant veiller à sa propre organisation intérieure. L'assemblée nomme ensuite une commission de six membres en vue d'établir des liens entre Eglises : communion dans la foi, aide et hospitalité mutuelles, etc. Elle fait aussi une déclaration qui pose la profession individuelle de la foi comme base de l'Eglise et les contributions volontaires comme devant seules satisfaire à ses besoins.
11 y a donc désormais deux ordres de protestantisme en France : l'un officiel, soutenu par l'Etat, l'autre libre et privé, soutenu par ses propres membres. Il est juste de reconnaître que cetl^ révolution sort directement de la nature des choses^- 1 :; l
Le lien historique peut constituer une patrie, non une religion profondément individuelle comme le christianisme protestant. L'Eglise libre, en rejetant l'aide et la protection de TEtat pour réserver à ses membres la pleine liberté de la foi avec les charges qu'elle comporte, fait faire au droit individuel un pas, elle nous ramène au principe même de la Réforme : la substitution de l'expérience intérieure religieuse à l'autorité ecclésiastique.
C'est un des efforts les plus fiers et les plus généreux de la conscience protestante française et les faits lui donnent aujourd'hui raison.